Les Alpes du sud en ligne de mire 🏔️ – Nouvelle-Zélande 8

Ou Jusqu’à ce que nos chemins se rejoignent…

Westport 👉 Cromwell

Quand il n’y a qu’une route à suivre,
on la suit. Nous ne sommes pas seuls dans ce cas de figure.

Même si l’on a croisé peu de cyclo jusqu’à présent, on se dit que certains finiront bien par apparaître à l’horizon.
La route de l’ouest est tout de même bien fréquentée par les touristes, confortablement installés dans leurs vans ou camping-cars.

Heureusement, nous ne sommes pas encore en pleine saison, et tout reste encore agréable.

Première chose :
 À peine quelques mètres parcourus en quittant l’auberge, nous apercevons au loin une silhouette familière tirant un trolley.
 Mais oui, c’est Alain ! Celui-là même que nous avions rencontré à l’auberge de Whanganui, sur l’île du Nord, il y a plus de deux semaines.
 Malgré ses doutes sur son genou, il a continué sa route. On échange quelques mots, partageant ce petit bout d’histoire avant de repartir chacun de son côté.

Seconde chose :
 Patrick, l’aventurier à la retraite. Un baroudeur dans l’âme.
 Lors de notre première étape, où nous avons eu la chance d’emprunter une route fermée sauf pour nous, nous faisons halte à Punakaiki.


Petit camping niché en bord de côte, et enfin, après des jours de pluie, le soleil s’invite. Le cadre est somptueux, les couchers de soleil spectaculaires. Ce sera l’une des rares fois où nous pourrons les savourer pleinement, sans retenue. Le soir venu, dans la cuisine du camping, bruyante et animée par la foule touristique, Patrick s’installe à la table voisine, tournée vers nous.
 Quelques phrases échangées en anglais, classiques mais chaleureuses. Puis la question tombe : “Vous êtes français ?”


Et voilà, la conversation peut s’envoler, généreuse et vivante, portée par nos histoires respectives.

Lorsqu’on fait connaissance sur la route avec des gens avec lesquels nous avons des ponts communs, on se raconte souvent nos petits « exploits » de voyage.
 Pour le coup, Patrick prend régulièrement des périodes plus ou moins longues pour parcourir le monde depuis qu’il a rencontré la retraite.


Il s’offre, pourrait-on dire, des retraites en vélo. Il a déjà parcouru l’EuroVelo 1, du nord de la Norvège vers le sud chaud. Il a réalisé son grand rêve : parcourir l’Alaska pour descendre vers la Californie.
 D’autres chemins, en Europe, l’ont aussi vu passer. Il profite grandement de ce moment de vie !

La troisième chose, c’est que l’on s’est suivi pendant près de deux semaines. Ce n’est pas rien !
 Bien sûr, nous ne dormions pas tous les soirs au même endroit. Le point de pause changeait en fonction du kilométrage que nous choisissions d’accomplir. Il arrivait que nous partions le matin, puis au loin sur la route, une forme de cycliste se dévoilait devant nous.
 Patrick ! Parti plus tôt, il se faisait rattraper par notre train un peu plus rapide.

Me voyant un peu plus en avance que Lisa, il me faisait remarquer que c’était tout aussi bien de respecter le rythme de chacun quand on roule à deux. Et moi, de lui montrer notre solution talkie-walkie. Très bonne idée ! Se suivre, c’était aussi et surtout pouvoir partager les instants qui nous ont marqué sur la route.


Comme le lendemain de Punakaiki, où après avoir grimpé ces innombrables côtes pour contourner le flanc de la falaise, ce premier obstacle débouchait sur une vue 16/9 du bord de mer sur la gauche et des montagnes au loin.
 Vers lesquels nous allions nous rapprocher petit à petit.

Chaque jour, une observation à propos de la surprise du jour :


  • Les petites trouvailles comme cette fois où l’on s’est arrêté manger le midi au bord d’une mini baie.

  • Notre avis sur un délicieux fish & chips à Hokitika.
  • 
Les couchers de soleil, si purs, qui plongeaient successivement dans l’océan chaque soir.

  • Nos campings, vécus chaque jour.

Et puis, il y avait aussi les petites et grandes frayeurs de la journée sur la route. Les innombrables cadavres d’opossums sur la route, zigouillés par les voitures. Un vrai libre droit d’extermination dans le pays.
 Pour nous, c’était un parfum de charogne quotidien. Mais aussi l’occasion d’observer une multitude de rapaces qui s’envolaient à notre approche.

Heureusement, la diversité des fleurs nous réconciliait avec le parfum dominant de la Nouvelle-Zélande.

On essaie tous de rejoindre Wanaka pour la période de Noël. Ce serait symbolique, que l’on se dit.
 La route en décide autrement, ainsi que la météo. Sans oublier les infrastructures qui nous poussent à forcer un peu sur le corps.

Sur cette route droite, avec des virages, me reviennent en mémoire des étapes :

  • Le vélociste à Greymouth qui me change la roue arrière du jour au lendemain, pour pouvoir repartir le lendemain matin. Le lendemain, je marche pour aller chercher le vélo, me demandant jusqu’où cette roue me mènera.
  • Le moment où l’on a compris, à Franz Joseph Glacier et Fox Glacier, que nous étions rentrés dans une période et une zone hyper touristiques. Il allait falloir faire avec la fatigue en plus, et avec les sensibilités qui viennent avec.
  • Le camping d’un hôtel à Hari Hari, qui nous fait payer le plus petit prix de toutes nos étapes : 15$ pour deux. L’intérieur de l’hôtel, où nous allons prendre la douche, ressemble à l’hôtel de Shining. Un endroit dont l’heure de gloire remonte à un certain temps. Le lendemain, nous sécherons la tente sous le porche avec nos mouchoirs et attendrons une heure pour nos œufs bénédictes. Une étape mémorable.
  • Le contraste saisissant entre ceux qui sont motorisés et nous, à ces lieux d’intérêts. Souvent après une côte, nous apprécions prendre le temps de voir où notre effort nous a porté et admirer un endroit que nous avons palpé de tous nos sens. Tandis qu’en apparence, le voyageur motorisé sort de son véhicule, prend une photo, puis ne sait plus que faire de ces quelques minutes qu’il voudrait passer ici.
  • Les nombreux gestes d’encouragements des vanlifers lors de nos dénivelés, ou même simplement en nous croisant.
  • Sur la dernière étape vers Haast, le moment où j’attends Lisa pendant une heure, au niveau d’un lieu d’intérêt. L’inquiétude monte alors, et j’arrête un van pour demander s’ils n’ont pas vu une femme en vélo comme moi. Il se trouve qu’elle avait continué. Le conducteur du van, trop sympa, a attendu que je confirme avoir reçu le message. J’ai tracé comme un dingue pour la rejoindre. Et lorsque j’arrive à sa hauteur, nous passons ensemble le plus long pont de Nouvelle-Zélande (une voie, bien sûr). Un accomplissement, puisque ce jour restera comme l’étape la plus longue de notre périple jusqu’à maintenant.

Haast restera dans nos mémoires comme le lieu où, finalement… nous passerons Noël. En compagnie de Patrick.
 Les lieux d’hébergement et d’épicerie étant la plupart fermés jusqu’au 26 décembre (boxing day), il a fallu se résigner à se préparer un très bon repas !
 Il n’y a pas grand-chose à faire ici si ce n’est lire et écrire. Prévoir aussi toute la nourriture pour les 3 jours à passer ici.


Le menu du soir sera : petit apéro chips, patates à la sauce au bleu, et une tablette de chocolat en dessert.
 Nous prendrons le temps de discuter et de partager un Scrabble le lendemain, tous les trois. Une parenthèse particulière.

Nous partirons tous le 26 à des heures différentes. Il faudra passer le col de Haast en milieu d’après-midi.
 Une sacrée paire de manches ! Des passages avec un angle impossible qui nous font poser pied.
 Heureusement, le soir, un petit endroit bien mignon comme on espère en trouver s’offre à nous.
 On se dit, comme la veille, que c’est la dernière fois que l’on se verra avec Patrick.
Juste le temps de lui dire au revoir au petit matin.
 Je vois son petit papier avec ses coordonnées glissé dans ma selle incurvée. Nous nous retrouverons !

La journée pour arriver à Wanaka (finalement) est d’une beauté !

On change de décor. Une montagne par-ci, un lac par-là.

Rouler sur ces routes clairement scéniques nous remplit de joie.

Jusqu’à ce que le comportement de certains conducteurs fatigués ternisse l’appréciation du moment.

Nous nous arrêterons à l’extrémité sud du lac Hawaea pour manger, en surplombant légèrement le lac, pour avoir une vue qui rend le sandwich meilleur.

Puis les 15 derniers kilomètres vers notre destination sont assez éprouvants.

On se dit qu’heureusement que l’on n’est pas venu passer Noël ici avec cette surpopulation.
 Arrivés en ville, on repère le vélo de Patrick après être passés chez un vélociste trop sympa qui nous dépanne bien pour vérifier notre pression de pneus.
 On fait le plein de chambres à air aussi, n’oublions pas qu’on en a utilisé plus haut sur la carte.
 Les chemins de chacun se rejoignent dans les impératifs à l’approche d’une soirée d’itinérance.
 On se dit bonne soirée à la sortie du NewWorld, saint graal des supermarchés ici.

Notre petite résa dans un camping est précieuse.
 On se rend compte ici, puis plus tard, que la haute saison est lancée.
 Les campings sous-dimensionnés et en trop petits nombres par rapport à la demande sont pleins à ras bord. Sachant que le camping sauvage n’est pas autorisé.


La culture de l’itinérance n’est pas vraiment encore assimilée ici.

Lorsque tu ne sais ni ton itinéraire, ni les kilomètres que tu sauras parcourir le lendemain.

Difficile de réserver comme les gens te le conseillent. Le souci est que la plupart pensent en leurs formes de vacances, motorisés.

Au petit matin, il est temps de quitter ce bouillon de fourmis.

On passe sur la plage du lac de Wanaka. Un peu à l’ombre, on tente des poses.
 Pour une fois, on veut une belle photo de nous deux. On demande alors à une maman qui se promène avec ses enfants de nous prendre en photo (et retenez bien ce passage).

Puis on bouge plus loin, car il suffisait d’aller plus loin pour avoir un peu de soleil.

Entre-temps, Patrick débarque sur la plage. Décidément, on n’arrive pas à couper le cordon !

Nous ferons chacun la route vers Cromwell. En l’occurrence, à Blackburn, un peu plus loin.
 Un camping nous a accepté pour notre petite tente.
 La route ne sera pas particulièrement agréable, mais nous trouverons un peu par hasard le début d’un trail qui nous ravira.

Nous constatons la population sur l’eau qui fait énormément de bruit avec les jet-boats de chacun.
 Le chemin est doux.
 Il nous fait du bien car même s’il y a du bruit, ce n’est pas l’usure des voitures.
 La piste longe le bord du lac. Nous observons les familles, tantôt dans leurs maisons privilégiées, tantôt sur l’herbe improvisée en plage, profiter de la température clémente.
 Chaque parcelle de verdure est admirablement bien coupée. C’est un fait qui nous rend circonspects.


Une courte pause à l’entrée de la ville pour se descendre un Powerade pris dans une supérette miteuse.
 La foule nous rend nerveux. Une telle densité de gens au même endroit fait un effet oppressant.
 Le chemin, heureusement, continue jusqu’au camping, nous en profiterons !
 Un endroit familial pour nous accueillir.

Nous accueillera aussi un texto de Patrick qui souhaite nous inviter pour notre dernier diner possible !
Nos chemins vont maintenant assurément se séparer.
Il partira du coté de Queenstown tandis que nous partirons tout droit vers le Sud d’Alexandra.
Son temps en NZ est encore assez long pour en profiter.
Nous passons une excellent soirée ensemble.
Un moment “chaud au coeur” de nouveau.

Il n’y a plus qu’à se dire “bon vent !” (qui a du sens en vélo aussi) jusqu’ à ce que nos chemins se rejoignent de nouveau. Assurément en France lorsque nous l’atteindrons. Quelle chouette histoire cette partie ensemble sans être ensemble.

Merci Patrick pour ces moments et discussions.
(Corrige-nous en commentaire ou ajoute ce que bon te semble si tu nous lis)

L’aventure continue pour nous avec une décision et un nouveau jeu d’émotions en montagne russes.
Tout va bien vite.
Heureusement la mémoire ne flanche pas !


Et vous, quelles histoires avez-vous de gens que vous avez suivi par hasard en voyage ?

On répond à toutes vos questions en commentaire si vous souhaitez en savoir plus sur certains points.


Et pour compléter cet article, retrouvez nos stories sur Instagram : elles sont pleines de détails sur notre aventure. 😉

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2 réflexions sur “Les Alpes du sud en ligne de mire 🏔️ – Nouvelle-Zélande 8”

  1. Coucou les Étonnants Voyageurs ! 2 semaines déjà que j’ai quitté Christchurch ! Après une première semaine de décompression à la maison, où le petit vélo tournait encore dans la tête, je commence à penser au prochain trip. Et vous lire me rappelle ce superbe voyage, ces bons moments partagés, et renforce le désir de repartir. Les photos de Tasmanie sont plutôt ensoleillées, vous vous régalez, et vous me régalez, c’est top ! Bonne route à vous, Seb et Lisa

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