La surprise d’une île 🏝️ – Tasmanie 1

Ou changer totalement d’atmosphère

Melbourne 👉 Swansea

À l’entame d’écrire une nouvelle partie de cette grande aventure, je ne sais pas par quoi commencer. 

Beaucoup d’épisodes me viennent en tête pour mon plus grand plaisir. La tâche est aussi grande qu’avant. Je vais m’atteler à vous livrer le tout aussi propre qu’une nouvelle chaine ! 

(…) 

Nous sommes fin janvier 2025. L’atterrissage à Melbourne nous remplit de joie à l’idée de changer d’air. Le vol s’est très bien passé, nous qui sommes un brin anxieux à l’approche d’un vol. Nous nous tranquillisons très vite. Lisa en s’occupant à tricoter et moi à lire ou écrire. Le moment du repas étant la pause légère qui change d’air. 

En parlant de changer d’air, il fait lourd dans cette immense ville. La chaleur n’est pas pour autant au rendez-vous. Quelques jours plus tôt, le soleil assommait. Aujourd’hui, un petit vent soutenu et frais règne en ville. 

Nous faut-il encore sortir de l’aéroport avant de ressentir tout ça. Tellement fluide de poser le pied en Australie. La biosécurité a, semble-t-il, bien envie de finir sa journée, nous passons sans répondre à beaucoup de questions sur nos deux grands cartons. Sereins d’avoir tout rendu propre, les portes s’ouvrent sur le hall des arrivants. 

Le temps de se procurer un petit plan mobile prépayé pour le mois à venir, nous sautons dans un Uber XL. Le chauffeur se gratte la tête en voyant le chargement. Heureusement, son grand SUV arrivera à contenir tout le monde ! Vu l’heure et la distance, nous n’avions pas l’envie de remonter les vélos à l’aéroport. 

Nous redécouvrons la clim’ que l’on avait quittée depuis plus de deux mois. Il m’en coûtera une bonne crève pendant deux semaines. Vivre dehors nous épargne ces changements de températures et systèmes artificiels, on se rend compte que ce n’est pas rien de devoir les gérer à nouveau. 

Le Uber nous dépose en bas de l’appartement de Jonny. Première histoire sympa de notre temps ici, Jonny est l’ami de mon ancien coloc. Il est venu assez de fois en France pour faire un passage à l’Île d’Yeu. Même partager un repas chez ma Mamie il aura fait ! Et nous le retrouvons à Melbourne, c’est un vrai plaisir de le revoir et passer du temps avec lui pour le connaitre un peu plus. 

Notre “week-end” dans cette ville, qui regroupe autant d’habitants qu’il n’y en a en Nouvelle-Zélande, s’articulera par : 

  • La dégustation d’excellentes pizzas napolitaines bien garnies. Le temps de les attendre sortir du four, nous discuterons avec le barman. Le gérant et lui sont d’authentiques italiens dont les vibes nous réchauffent. 
  • Une balade dans le centre en passant par les jardins au bord de la Yarra River. Nous imprimons nos stickers avec QR code que nous collerons sur nos vélos.  
  • Nous irons avec Jonny à l’intérieur du village de l’Australian Open de tennis. Des matchs de doubles juniors et de personnes en fauteuil roulant nous régaleront. La glace à la pêche sera une belle surprise. Mais pas la défaite de l’Australien contre l’Italien Sinner que nous avons regardée sur le parvis avant de se rentrer au chaud. 

Le lendemain, il fallait commencer à rouler. Après environ une semaine de pause, la mécanique des corps et des vélos devait se remettre en marche. L’objectif est d’atteindre Geelong, d’où part le ferry Spirit of Tasmania, en contournant la baie de Port Phillip par l’est. 

Deux premiers jours de roule facile a priori. C’est sans compter le fait que nous sommes conscients que l’urbanisation est omniprésente sur le trajet. Ce terrain nous fait toujours revoir à la baisse notre vitesse à laquelle nous évoluons. C’est pourquoi nous partons tout de même à la cool le matin. La veille, nous avions remonté nos vélos, tout était bon pour prendre le départ. C’est parti pour un peu plus d’un mois sur le sol australien, majoritairement tasmanien, soyons précis. 

Sortir de l’agglomération reste un plaisir. Traverser Albert Park durant le montage des infrastructures pour la reprise prochaine de la F1 est incongru. Mes longues parties de jeux vidéo avec mon frère me reviennent en tête alors que nous roulons sur le circuit. Nous atteignons vite le bord de l’eau que nous allons suivre jusqu’à Mornington, notre ville étape du soir. Beaucoup d’intéractions ponctuent notre trajet avec des petits vieux en balade qui nous posent des questions sur ce que nous faisons là. Aussi, un gars, en voyage à vélo comme nous (avec son chien aussi !), nous annonce “Oh, you’re gonna love it” lorsqu’on lui partage notre projet d’aller en Tasmanie. Il venait de descendre la côte Est depuis Cairns et revenait tout juste de l’île. Nous nous arrêtons aussi pour admirer la skyline de Melbourne au loin. C’est la première fois que nous avons cette occasion. 

La ligne de train qui descend jusqu’au bout de la péninsule ne semble pas très vieille. Accolée à celle-ci, une piste cyclable que nous suivons jusqu’au camping qui annonce complet. Mais, après une courte réflexion, et le fait que nous restons seulement une nuit, le gérant nous dégote l’emplacement qui va bien. 

Contents et épuisés de cette journée, la pizza du soir après quelques minutes de marche pour se dégourdir fera vraiment du bien. À notre arrivée, nous découvrons la danse dans le ciel et sur les terrains des fameux Cacatoès à huppe jaune. Ils volent par centaines et jacassent comme jamais. Un sacré spectacle ! 

Le lendemain, il s’agit d’aller prendre un premier ferry entre Sorrento et Queenscliff. C’était un peu la course car nous ne connaissions pas vraiment la fréquence des rotations et nous avions 40km à parcourir. Et cette matinée fut un succès ! Tant dans la beauté de la route et le rythme que nous avons eu. Arrivés à Sorrento, nous allons directement au bateau, valider avec la guichetière que l’on est dans les temps, puis larguer les amarres. C’était moins une ! Lisa est rincée d’avoir déposé ses forces dans les derniers kilomètres. On est super contents. Le départ nous offre la récompense d’un paysage entre bord de mer au sable blanc fin et d’une eau translucide. La traversée prend 45min – pour nous reposer. 

Nous débarquons à Queenscliff avec le temps de déguster notre pique-nique dans un parc. Ça aussi, nous le redécouvrons avec plaisir. S’arrêter dans des lieux de vie à la fois calmes et vivants. Nous aimons ces ambiances. Surtout lorsqu’une glace extra bonne nous attend à la sortie ! 

Maintenant, il est temps d’aller prendre cette piste cyclable qui nous accompagne jusqu’à Geelong dont même une dame toute gentille nous a fait part chez le glacier. Une voie de chemin de fer convertie en trail sur du revêtement lisse, nous sommes aux anges. Autant nous avons bien forcés le matin, autant nous nous reposons dans cette partie. 

Un premier avertissement de possible présence de serpent sur le trail nous fait bien comprendre que l’on est en Australie. Ce pays que tout le monde redoute pour sa faune hostile avec son lot d’araignées et de serpents bien venimeux. Le soleil tape bien mais l’habitude nous protège. On se sent bien à l’approche de prendre le ferry demain. 

Le réveil est bien matinal. Le soleil se réveille aussi doucement sur notre chemin vers le terminal. Enregistrement fait, nous attendons dehors à côté de ce mastodonte des mers. Nous allons traverser le Détroit de Bass, pas toujours clément, qui doit malmener parfois ce ferry. Aujourd’hui, nos 12h de traversée seront bien douces. J’écrirais et Lisa tricotera. Le crédo de cette période. 

Pour la petite histoire, nous avions prévu à manger la veille et nous l’avions planqué dans le frigo du Airbnb. On était tellement bien réveillés qu’on a oublié le frais ! Nous nous sommes alors délectés des pies du shop dans le ferry. On était dégoutés ! 

Voir la terre apparaitre au loin depuis n’importe quel bateau est toujours une expérience magique. La Tasmanie se levait devant nos yeux. Cela valait bien la peine d’aller prendre le coup de vent sur le pont extérieur. Silencieuses, ces vagues terriennes au loin nous attendent sagement. Elles nous laissent le temps d’apprécier la chance que l’on a d’être à cet instant sur le point de fouler un nouveau territoire. Affamés que nous sommes de comprendre cet endroit chargée d’Histoire. Humblement, nous débuterons demain un périple plein de surprises. 

Commençons déjà par notre arrivée. Nous accostons vers 18h. La nuit ne va pas tarder à tomber. Il nous faut contourner la Mersey River en allant chercher le pont à notre sud puis remonter jusqu’au motel de ce soir. Une bonne nuit nous manque, celle-ci va bien nous retaper. En arrivant, le gérant nous dit “c’est bien vous que j’ai vus au Coles”, on rigole alors. Première bonne interaction, et très gentil. Le Coles, comme le Whoolworths, seront nos alliés d’épiceries lors de notre séjour sur l’île. Il nous dit aussi que l’on peut rentrer les vélos dans la chambre, juste faire attention à pas mettre de graisse car le moquette est neuve. Ces petites attentions, pleines d’empathie, sont toujours précieuses. Elles nous font sentir comme bienvenues avec nos vélos. 

Le soleil se couche sur le terrain de cricket qui fait face à l’hôtel. Une nouvelle aventure commencera demain. L’appréhension douce de la découverte de ce nouvel endroit s’installe avant la nuit. Nous sommes bien ici. 

On prend les mêmes et on recommence 

Je ne sais pas si vous vous souvenez. Mon matelas se dégonflait et la marque m’en a envoyé un nouveau en Tasmanie. Il devait arriver à Devonport, là où le ferry arrive, mais non. Le Fedex est resté dans la seconde ville majeure de l’île, Launceston. Il va nous falloir passer par là-bas. Les plans changent tous les jours. Les accepter tous nous apprend beaucoup. 

Dès le matin, à l’épicerie, une dame nous voit, remarque nos gilets jaunes : “Oh je suis tellement heureuse de vous voir porter ces couleurs !” Elle a perdu l’un de ses amis, quelques années plus tôt, dans un virage où l’ombre était trop sombre. Un automobiliste l’a emporté. Nous voilà rassurés avec cette nouvelle de bon matin alors que l’on sort un peu traumatisés des mois précédents. En tout cas, on reste heureux d’avoir un échange avec cette dame. 

L’objectif est d’aller à Beauty Point d’où nous remonterons vers Launceston le lendemain. Une piste cyclable longe la Mersey River que nous remontons jusqu’à Latrobe. En ce jour férié, l’Australian Day, des animations dans un parc nous obligent à contourner la foule qui s’amuse. Nous serons la plupart du temps sur des routes secondaires, une nouveauté pour nous. Un confort certain de nous entendre rouler. D’entendre les vaches mâcher leur herbe. Je m’arrête à un coin entre deux voies, un pick-up s’arrête “You alright mate ?”. On s’inquiète pour moi, c’est gentil. Puis Lisa arrive, le chemin continue. Je l’attends souvent aux intersections lorsque l’on ne peut rouler ensemble. 

Une portion de route de gravel nous fait traverser une zone de plusieurs réserves. Dans un environnement totalement boisé, nous devons pousser les destriers une nouvelle fois à cause des “bump”, sorte de vaguelettes, créés par le ruissellement de la pluie. En descente, c’est rigolo, en montée tu ne peux rien faire. D’autant plus, lorsque c’est sur toute la largeur. J’arrive en haut, une voiture cramée garde les lieux. Le silence reste le dernier compagnon quand tout est arrêté. Puis le casque, puis la frimousse de Lisa, puis le vélo s’invite dans cet opéra. Nous nous retrouverons sur un lieu qui aurait été une place vivante d’une ville où 4 routes se rejoignent. Ici pas de bruit de verre, pas d’échappement de voitures qui redémarrent, pas de rire au-dessus d’un brouhaha, juste nous. 

Le camping du soir est à un prix dérisoire. Nous nous regardons joyeusement interloqués. La Tamar River sera notre voisine ce soir. Satisfaits d’une première journée plutôt tranquille, nous nous endormons sereinement. Le pressentiment que la Tasmanie va donner chaud au cœur gagne du terrain. 

Nous voilà qui remontons la rivière. Tout sera beau ce jour-là. Les rives seront très peu empruntées. L’impression de sécurité et de confort après deux jours de route nous rassure. Alors qu’une petite côte nous accueille de bon matin, la femme d’un couple en petite marche sportive nous dit : “J’ai beaucoup voyagé. Croyez-moi, la Tasmanie est le plus bel endroit sur Terre. Et nous, d’y vivre, l’est encore plus !” Cet amour pour chez soi est admirable bien que teinté d’un brin de chauvinisme bienvenue ceci dit. 

Launceston semble être une ville qui bouge, à l’échelle du pays. Entre elle et Hobart, capitale de l’île, on peut y tracer une diagonale pour couper ce bout de terre en deux. Ce soir, nous dormons chez Vicky. Son homme, Malcom, est au Japon. Belles discussions et rires ponctuent cette belle journée. Elle nous proposera même de rester une nuit de plus pour pouvoir visiter les gorges de la South Esk River et la ville. Elle est une perle de nous faire une telle proposition. L’attention la plus grandiose sera sans doute qu’elle nous mènera le lendemain à l’aéroport pour que j’aille chercher mon Fedex puis elle nous déposera aux gorges. Une action tellement précieuse dans un voyage ! 

Finalement, nous passerons une superbe journée dans cette ville. Deux galeries visitées pour tout savoir sur la Tasmanie et découvrir le destin formidable d’un photographe, Olegas Truchanas. J’y laisserai mon chapeau dans un bar pour attendre un peu plus d’un mois avant d’en avoir un nouveau ! 

Cette rencontre avec Vicky, à travers la communauté de Warmshowers, nous a fait un bien fou. Comme si le voyage en terres tasmanienne était lancé. Elle définira bien ce que nous rencontrerons plus tard comme hospitalité. 

Ne nous éloignons pas trop vite de l’océan 

Direction Saint Helens, à l’entrée de la côte est en passant par la route A3 que nous conseillera Vicky. Un simple conseil pour être à l’aise sur le bitume. Deux belles journées en perspectives ! 

Nous retrouvons l’odeur caractéristique des animaux morts sur ou en bord de route. Ici et là, des kangourous, wallabies, possums, et autre malheureuse faune venue s’essayer à la traverse. Une seule espèce semble échapper à ce fléau : l’Echidna. J’en observerais un deux jours plus tôt traverser devant moi. Une allure patibulaire vraiment mignonne. Personne ne sent cette odeur à circuler en boîte de conserve. Pourtant, elle fait partie des parfums du coin. 

Le camping où nous nous arrêterons le soir sera gratuit. Nous apprenons à cette occasion l’impact des cercles Lions Club et Rotary qui proposent multiples initiatives de ce genre pour la communauté. Bon, pas toujours bien placé comme là, où des camions pleins de troncs d’arbres passeront avec le frein-moteur. Le boucan d’enfer, les tremblements en plus, pour bercer notre nuit. On ne peut pas tout avoir ! 

Nous avançons le lendemain sur un trail dédié où il fait bon rouler et marcher. Il formera un faux plat interminable avec un tremblement constant. On était bien contents de finir les presque 30 kilomètres dessus. D’autant plus que… 

Le chemin est formé de deux passages de roues comme on peut en connaître, l’herbe poussant au milieu. Je roule sur la partie gauche puis je vois comme un lacet au loin sur la piste. Un serpent ! Je me décale vite vers la droite. Pas de signe de vie, il est toujours là. Puis je lance à Lisa : “Il est mort, c’est bon !”. Je me tourne puis soudain un cri. Lisa qui, tout affolée, scande : “Il n’était pas mort. Ne t’arrête pas”. C’était un sacré coup de sang ! Je n’ai jamais vu Lisa aller aussi vite, une sacrée fusée ! 

Vers un repos en pente douce

Ce soir, nous dormons à Derby. Arrivés là-bas, nous trouvons un spot de camping à l’entrée du village. Un peu miteux et beaucoup trop cher pour pas grand-chose (6 dollars pour 5min de douche), la tente se dresse quand même. Et nous décidons d’aller prendre un verre plus loin. Au comptoir, le barman nous dit qu’il y a un terrain officieux de camping dans le contrebas du café et d’autres douches pas loin à 3 dollars. L’équation est vite résolue ! Nous nous empressons d’aller démonter la tente puis de la remonter au lieu-dit. Nos voisins seront 3 potes en week-end pour apprécier les lieux en mountain bike. Le village est réputé pour toutes ses diverses pistes. 

Et de l’autre côté, nous le découvrirons à leur retour, une famille de 5. Tous avec les mountain bikes pour que tous s’amusent ensemble. C’est comme ça que nous faisons la connaissance de Bonnie et David, et les enfants, Isaac, Ava et Walter. Nous papotons à propos de notre voyage puis chacun retourne à ses popotes. La faim nous appelle. Plus tard ou le lendemain matin, Bonnie vient nous voir avec des blueberries toutes fraîches que l’on apprécie de leurs croquants. Elle nous dit que nous serons les bienvenues pour rester chez eux à Hobart lorsque nous y passerons. Quels anges du voyage avons-nous à nouveau rencontrés ? Lorsque la gratitude est à son plus haut, elle ne sait jamais qu’elle sera sollicitée encore plus. 

Avec le sourire, nous accueillons ce matin comme une bénédiction. De courte durée, car devinez quoi ? J’ai crevé. Juste avant de partir et après un petit-déjeuner succulent d’un granola riche en goût, je sens ma roue d’une belle mollesse. La flemme de faire ça (réparer) maintenant, je regonfle. Le pansement ne durera que 8 km. La montée d’entrée de jeu aura été gravie, je suis à plat. Dans un virage, je m’arrête à l’entrée d’un terrain. L’exercice est bien rodé maintenant (si vous nous suivez depuis le début). Il s’agirait de changer les roues, l’usure de la protection anti-crevaison semble envoyer des messages. 

Nous avons bien fait car il y a encore un peu de grimpette avant d’arriver à Saint-Helens. Tout se passe avec plaisir, vraiment. Nous arrivons à philosopher sur nos vélos. J’arrive de nouveau à éviter un serpent qui tente de traversée la route. Il faut savoir que les seules espèces de serpent présentes sur l’île sont venimeuses à souhait. Les serpents-tigres jouissent d’une belle réputation ! À la ferme de notre arrêt casse-croute, je recroiserais le conducteur de la voiture qui me suivait. Nous rigolerons de ce court instant. 

Le repos sera de mise à Saint-Helens, nous resterons deux nuits là-bas. Histoire de goûter le fish & chips du coin puis d’autres sucreries intéressantes. Peu de chose à y faire mais ces escales nous font retomber la tension dans nos corps pour mieux repartir ensuite. La fin janvier encore chaude nous accueille avec douceur. 

Nous remarquons, pendant notre séjour ici, des cyclos qui se sont pris un couchage en dur. Pas de contact jusqu’à ce petit matin de notre départ vers le sud, la découverte de la côte est tant attendue. 

Nous discutons avec eux, un homme et une femme, lui est américain. Enfin ils discutent avec nous, lui discute avec nous, enfin voilà. Très bavard, on n’arrive presque pas à en placer une pour notre plus grand rire, même si c’est un peu oppressant par moment. 

La route du jour est courte, vers un bled qui se nomme Scamander. Courte étape pour couper en deux fois le lendemain. Telle une escale technique. La révélation d’un littoral qui en jette nous ravit déjà. Rouler vers le sud est toujours plus facile mentalement, on pense toujours descendre. Alors rouler avec comme meilleure compagne la Mer de Tasmanie, c’est délicieux. 

La veille, l’américain nous avait dit qu’ils dormiraient dans le premier camping de Scamander. Notre chemin nous a menés vers le second à la sortie du village. Le lendemain, lorsque l’on reprend la route, nous les dépassons avec un coucou. Puis plus loin, notre pause déjeuner se déroule sur un parking donnant sur une plage magnifique. Dans l’ouverture sur la route, nous les voyons passer. Avec surprise, ils ont opéré un demi-tour pour venir discuter. Malgré la bonne intention, je crois que nous n’avions pas l’envie d’être rejoints à cet instant. Le monologue fut très long à écouter. À y repenser, c’était bien marrant comme action. 

Nous ponctuerons ce déjeuner par une courte balade sur la plage de sable blanc en arc d’une longueur infinie. Le soleil donne tellement sur ce sable que les lunettes de soleil sont obligatoires. Le vent sur notre frimousse réchauffe de sa chaleureuse expression nos cœurs déjà bien rayonnants. 

Des rencontres à n’en plus finir ! 

Sur ce chemin, après le déjeuner, après la fatigue d’écoute, après avoir compris pourquoi nous avancions vite (vent de dos !), nous voilà arrivés à Bicheno. 

Arrivés pas si tard, nous posons les vélos à un arrêt de bus. D’un coup, un petit couple de retraités commence la discussion. 

“D’où venez-vous comme ça ?” 

“On est de France” 

“Ah ! mais j’ai étudié le français quand j’étais jeune ! J’ai vécu à Jersey” 

S’en est suivie une superbe discussion chaleureuse avec Susie et Stephen. Pour se dire aurevoir, nous avons même terminé par des “hugs” qui nous auront fait un bien fou à cet instant. Un échange de contact pour potentiellement se retrouver en Angleterre lors de notre passage. Ce serait un plaisir de retrouver ces gens. Ce genre de belle histoire. 

Il était temps de bouger vers le camping qui se trouve en plein centre du village. Avant de bouger, un petit monsieur sur son vélo nous indique un terrain qui pourrait nous servir à poser la tente. Bien gentil de sa part, nous irons tout de même au camping. 

Règne un vent bien fort sur Bicheno en cette fin de journée. En plein sur nous, poser la tente s’annonce ardu. L’une des jointures de nos arceaux se désolidarise. Pas de panique, cet incident est déjà arrivé, on se dit qu’il faudra alors changer la structure qui ne pourra pas nous lâcher n’importe où. On ne peut pas se permettre ce risque de ne pouvoir dormir abrités un jour ! 

Nous resterons deux nuits dans ce lieu bien agréable. Le temps de faire le tour de cette avancée rocheuse sur la mer. Nous monterons au Whalers Lookout pour un peu plus se faire une idée de l’endroit. Ce paysage aux contours fins dans la brume nous saisit longuement alors que nous nous reposons sur les rochers. 

Cette seconde soirée nous donne l’occasion de rencontrer une famille inspirante. Tous les quatre, ils voyagent. Comme nous, La Nouvelle-Zélande a précédé la Tasmanie. Ayant des boulots saisonniers, Antoine et Camille, actuellement Savoyards, emmènent les enfants avec eux. L’école se fait sur la route, parfois les deux loulous assistent à des cours dans un établissement local. On a trouvé ça génial. Leur première aventure, il y a quelques années, s’était déroulée en Patagonie, à vélo alors qu’ils n’avaient jamais fait ça. C’est ce qu’on appelle, sauter le (grand) pas ! 

Ce passage à Bicheno nous a enchantés. Le vent a faibli, le soleil est pleinement de retour. Il était temps de continuer la descente. Direction Coles Bay, non loin du Freycinet National Park. Ce parc abrite la célèbre Wineglass Bay, plage dont l’éclat rend instantanément la photo instagrammable. Je vais vous décevoir, nous n’y sommes pas allés. Le prix des pass pour les entrées du parc étant assez élevées, notre budget n’aurait point apprécié. 

En revanche, je vous partage une petite histoire : À peu près un an plus tôt, je participais à un Secret Santa international sur le site Imgur. Le mien se situait en Tasmanie. L’un de ses cadeaux fut une grande photographie de cette fameuse plage ! Improbable de se retrouver ici à présent. Nous avons dû être influencés par ce cadeau très certainement ! 

Nous resterons à Coles Bay pour deux nuits. Une balade sur la côte pour admirer les falaises surplombant Honeymoon Bay et un coucher de soleil sur Muirs nous enchanteront et nous combleront bien assez. 

Un bruit dans la nuit 

On aurait pu vous raconter tranquillement la rencontre avec un couple de cyclo-randonneur-retraités écossais avec qui nous n’avons finalement pas tant discuté. On aurait pu. 

Il y a toujours mieux en fait ! Donc… 

Il était à peu près 3 heures du matin. Un bruit de quelqu’un qui fouille dans ses sacs nous réveille. Là, on se dit qu’a priori le motard, qui s’est installé pas loin hier soir, remballe ses affaires pour partir tôt. Pourquoi pas après tout. 

Le bruit continue. Comme si quelqu’un insistait sur un sac qui ne s’ouvrait pas. De sourds bruits de respirations et grognements. Lisa jette un coup d’œil au sac étanche où l’on range tout notre garde-manger. Il n’est plus là. Mince ! On a une bête qui a passé tout son petit corps sous l’abside de la tente pour le tirer vers l’extérieur. Sidérés que nous sommes, sans savoir quoi faire. Nous toussons avec quelques claquements de doigts et nos lumières allumées. 

Une silhouette se relève dans la lumière du lampadaire. En ombre chinoise, je peux apprécier les contours de ce possum qui se dresse sur le tronc d’un arbre. Puis il s’enfuit, pas seul apparemment, si nos oreilles ne nous mentent pas. 

Une petite frousse gratuite que l’on s’est mis. On en rigolera tellement. Nous observerons des traces de pattes sur la tente et une de nos sacoches. 

Nous sommes rincés de cette nuit à moitié blanche ! Nous qui voulions nous reposer. Pour vraiment savoir quel animal était venu, nous avons envoyé les photos à Bonnie (rencontrée à Derby) qui connait bien la faune locale. On hésitait entre diable de Tasmanie, wallaby ou même un wombat. Bref, ce n’était qu’un gentil possum. À savoir qu’ils sont très intelligents. Les nuits d’après, nous serons de tous les aguets ! 

Nous partons de Coles Bay dans un état peu optimal. Nos petits corps ne sont pas en reste avec quelques courbatures. Puis nous avons besoin de nous trouver un moment d’intimité pour nous deux. Le choix est fait de se poser deux nuits à Swansea dans un hôtel, bien que choisi en fin d’après-midi, il nous comblera en tout point. Avec lessive à dispo et gratuite, il faut le savoir ! En vrai, c’est le genre de surprise qui fait plaisir lorsque cela n’entraine pas de frais en sus. Nous ne paierons aucune de nos lessives en Tasmanie d’ailleurs. 

Je reviens sur ce qui nous a motivés à prendre cette pause à l’hôtel. L’écoute de nos corps dans sa manifestation à demander du repos. Dans d’autres contextes, on se dirait facilement que continuer avec ces petits maux ne serait pas un grand problème. Dans la situation présente, on s’est vite dit que le voyage s’annonce long, et ces détails sont à écouter humblement. Se dire, que oui, ce n’est pas la grande forme, il faut s’arrêter même si l’on a déjà pris pas mal de temps sur le trajet. Le plaisir doit être dénominateur principal de cette aventure. Les pansements, c’est bien, se réparer, c’est mieux ! 

Et pour le vélo, c’est pareil… 

Nous sommes heureux d’être là où nous sommes. 

Loin d’imaginer les surprises qui suivront. 

Le voyage gagne en consistance en rencontrant toujours plus de générosité et d’hospitalité. 

Toutes ces pépites ne peuvent que se vivre pour y croire. 

Notre crédo est de toujours dire “oui” à ce que l’on nous propose. 

Pour ne pas avoir à regretter d’avoir manqué quelque chose à cause d’un a priori basé sur des préjugés absurdes et ainsi casser des barrières qui ne sont pas les bienvenues ici. 

Il est temps d’entamer le mois de février de l’année 2025 (déjà !). 

On se retrouve dimanche prochain ? 

Merci de nous lire. On se plait à l’exercice et vous en êtes la plus belle motivation. 

Prenez soin de vous. 


Pour vous le passage d’un pays à un autre, ça se passe bien ? Une adaptation particulière à avoir ?

On répond à toutes vos questions en commentaire si vous souhaitez en savoir plus sur certains points.


Et pour compléter cet article, retrouvez toutes nos images sur Instagram : elles sont pleines de détails sur notre aventure. 😉

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