Le succès par le contrevent 💨 – Nouvelle-Zélande 9

Ou le plaisir d’être au plus bas

Milton 👉 Bluff

Nous sommes en 2025, il est temps de bien commencer les choses. 
Pourquoi ne pas aller voir l’océan ? Qui n’est finalement plus très loin.
Nous l’avons quitté il y a plus d’une semaine. 

Cela signifiera aussi que nous approcherons du lieu le plus au sud sur le globe à portée de pédales. 
Le seul autre endroit possible serait la Patagonie, pourquoi pas, un autre jour. 

Quelques petites étapes sont nécessaires. Il faut tout d’abord se réveiller. On ne s’était pas encore couchés à cette heure-ci depuis le début du voyage.
L’occasion de vous informer que notre rythme de sommeil s’articule comme suit : 7h lever difficile, 22h extinction des feux très facile. 

Nous dormons relativement bien dans notre tente, sur nos matelas, à l’intérieur de nos sacs de couchage. Au fur et à mesure des jours, nos choix d’équipements se confirment. Cela peut être perçu comme une satisfaction étant donné l’usage qui en sera fait sur le long court. 

Atteindre le point le plus bas de Nouvelle-Zélande se résume à aller à Slope Point. Géographiquement et précisément, il est l’endroit le plus austral du pays. Pour nous, ce sera Curio Bay, aller jusqu’à Slope serait nous ajouter 12 km aller-retour sur gravel road dont nous ne sommes plus fans pour le moment. 

Avant d’arriver jusqu’à la curieuse baie. La distance impose des étapes. La météo nous suggèrera de s’arrêter un moment. Et puis, vu le calendrier qui s’offre à nous, compte tenu de la date de notre vol de départ, nous avons le choix de prendre le temps. 

La première route de l’année sera celle qui longera l’océan Austral vers Kaka Point. J’ai menti, cette portion de route blanche est bien en gravel. On a vite fait d’y revenir lorsque le seul choix ne peut que s’y porter. Elle sera particulièrement plus agréable que d’autre. Nous ne voyons pas forcément l’ogre bleu depuis la piste. Quelques voitures nous doublent ou nous croisent à grande vitesse. 

Toujours une hallucinante stupéfaction de voir ces limites de vitesse à 100 sur route de gravier. 

Nous bouffons un peu de poussière et du vent. 
L’atmosphère y est celle des jours d’après fêtes. Une latence de mouvement pour les êtres humains comme pour la faune. 

Nous reprenons l’accroche des pneus sur l’asphalte. Des pêcheurs sont situés aux abords de la rivière que nous remontons vers Balclutha. Un intermède léger que l’on apprécie car le ciel s’est dégagé. Nous discutons doucement de nos impressions de la route passée. Jusqu’à ce que nous engagions les derniers kilomètres vers notre destination du jour. Le vent de face sur une ligne droite de 5km. 

Un régal dont on ne parle pas assez mais dont nous sommes coutumiers. 

L’endroit semble bien prisé pour le surf. Une plage vient accueillir les vagues de la marée montante. Un poste de secours se dresse au milieu de l’étendue de sable. Plus haut, notre camping plein à ras bord. 

Nous sommes toujours dans le pic de la saison dans les campings. Après dix minutes d’incertitude, on nous trouvera une place. À côté de la famille qui rote et pète comme dans un opéra. Même pas peur pour leur faire concurrence ! Notre temps ici se résumera à deux jours à profiter de la vue depuis le café qui donne sur la baie. 

Constater que les sports comme le bowling (sorte de pétanque à la british), le golf et le cricket sont des activités aux infrastructures présentes absolument partout. Chaque ville ou petit village en est doté. Clairement identifiables, même le rugby ne fait pas de vague dans le paysage urbain. 

Un saut de puce pour nous approcher de l’étape d’après, sinon trop longue à réaliser en une fois. Le village d’Owaka nous accueille pour deux nuits de nouveau. Nous poserons la tente dans un lieu atypique. Un ancien hôpital à l’architecture particulière d’une époque maintenant révolue. La véranda en dur sera notre refuge à lecture et écriture. 

Mon matelas commence à montrer des faiblesses de gonflage qu’il ne tient plus en fin de nuit. Je dois gérer la gestion de la garantie pour m’en faire livrer un nouveau dans notre prochain pays. Il y a toujours un peu de paperasse à gérer même lorsqu’on souhaite en avoir le moins.

Jusqu’à ce que l’on atteigne Curio Bay par une des étapes les plus belles et satisfaisantes de notre long parcours. Le choix de ne pas suivre la “scenic road” mais plutôt la backroad à 100% gravel, passant par un genre d’arrière-pays, était judicieux. Rouler sans trop forcer et en même temps gravir des petites côtes pour atteindre un point de vue satisfaisant. 

Même manger le long de la route, comme la plupart du temps en NZ, nous sera agréable. Nous passons à travers champs dans un silence criant de bonheur. Avec lui, le partage de cet état est total. La forêt semble nous regarder elle aussi d’étonnement. “Que faites-vous par ici ? On ne voit jamais personne.” 

Une sombre côtelette se dresse avec un revêtement qui ne plait pas au vélo. 
Je tombe le pied au sol pour pousser le vélo un peu. 
Un pick up s’arrête pour me dire qu’un camion va passer dans l’autre sens, je devrai faire attention. 

Ce n’est qu’après son passage que je compris ce qu’il venait de me dire. 
À lui faire répéter avec son accent sorti de très loin, il est parti en disant simplement : “Just watch out!” 
Plus tard, en haut, à la frontière entre deux régions, à l’entrée du Southland, un énorme camion passait devant nous. 
Un peu éberlués, on se demandait pourquoi cette vitesse pour cet énorme machin sur roues. 

Bref. Une barre de céréales pour la dernière longue ligne droite, retrouver la route principale et nous voici, longeant une baie sans fin, presque. Au bout, le camping de Curio Bay caché par une multitude de haies. Le vent souffle à notre arrivée. Nous choisissons un emplacement à l’abri et avec une table de pique-nique idéale pour y apposer les vélos. 

Nous comprenons l’usage des haies pour être bien à l’abri du vent ! 

Des rencontres au bout de la pente du sud

En y restant deux nuits, nous aurons l’opportunité d’aller nous promener sur la baie au petit matin. On remarquera des Dauphins d’Hector, endémiques du coin, surfant les vagues avec leurs compères humains. La rencontre de deux gars, Mat et Brendan, au diner, nous fera grandement plaisir. Une petite partie de belote finira le diner. 
Le lendemain soir, un anglais, David, nous abordera pour entamer une discussion simple mais plaisante, teintée de son humour. 

Pour la petite histoire, pendant le temps de la discussion, et de la journée passée, une pluie venteuse incessante s’abattait sur le camping. Après le diner à discuter avec David, nous revenons à notre tente pour constater que le fond de la chambre et le dessous de nos matelas sont trempés. Le footprint (sorte de bâche entre la chambre et le sol) censé protéger a plutôt fait étuve. Il est 21h, le soleil n’est pas encore couché et le vent souffle encore fort. 

Action, réaction. Nous sortons l’intérieur de notre maison pour exposer ce qui est mouillé aux éléments. Une heure plus tard, tout sera sec. Une chance d’être revenus assez tôt pour pouvoir réaliser l’opération. Dormir avec flaque sous nos gentils popotins n’aurait pas été des plus agréable.

Au petit matin suivant, le soleil se lève sur une journée qui repoussera un peu plus nos limites. La météo prévoyait un vent de face soutenu et froid. Le menu de la frustration. 90 km à parcourir pour aller s’offrir deux jours pleins de repos à Invercargill. Cité de John Munro, motard aux records, héros local en soit. 

La première partie se déroule bien pour atteindre un café à mi-parcours. Nous nous souviendrons qu’il ne faut plus jamais tenter la bacon-egg pie, la recette de la dégueulasserie. Nous sommes déjà bien rincés de ce qui nous vient d’en face. Au moins, nous avons une carotte au bout. 

Puis nous retrouvons la circulation raisonnablement empruntée sur la scenic route dont nous évitons le goudron depuis le début. Jusqu’à bifurquer sur une longue route de gravel qui nous mènera au centre-ville. Cette dernière partie sera la plus dure. Aura un impact sur nos morals et humeurs. 

Des leçons dans le plus dur

À lutter contre le vent, se faire ralentir par la surface, ne pas en voir le bout. Nous ressortons chafouins d’interventions lancées l’un envers l’autre à un croisement de routes. Fait que l’on termine l’étape chacun de notre côté, à peu de chose près. 

Nous en rediscuterons plus tard. Une journée intense et des incompréhensions peuvent surprendre à tout moment. Être 24h/24 ensemble nous offre peu de répit. L’intransigeance parfois s’installe sans crier gare. Injustifiée, elle nous inspirera plus de souplesse. 

C’est aussi en ces expériences que le voyage forge, individuellement ainsi que le couple que nous formons. De ce dernier terme, nait aussi l’interprétation qu’un couple se forme chaque jour à perdurer et travailler à être heureux l’un avec l’autre. 

Très simple philosophie exprimée pour apporter une brève image de ce que peut aussi apporter un voyage. 

À l’occasion de cet arrêt, nous ferons un aller-retour à Bluff. Il fait l’objet aussi du point final du Te Aeroa Trail, un long tracé nord-sud de la NZ . Pour la forme, nous y sommes allés à vide pour une petite balade. Aller voir ce qu’il se passe à cet endroit qui attise les convoitises pour la photo sous le poteau regroupant multiples panneaux de directions internationales. On y mangera très bien. On fera comme tout le monde en rentrant le cliché dans la boite. La vue est belle. 

Cependant, on plaint les personnes finissant leurs trails à pied ou en vélo ici. 
La piste est juste à côté de la route et rien n’est vraiment spectaculaire. Peut-être après tout une banalité pleine d’ironie après ce que le pays offre à bien des égards. 

Ce stop nous permettra de faire le point. Constater le chemin parcouru. 
Voir la suite qui s’annonce. Profiter de la ville où nous sommes. 

Profiter de gérer la logistique habituelle. Rencontrer Victoria, notre hôtesse du séjour. 
Une Ukrainienne venue poursuivre des études ici, par pur intérêt pour les études. 
L’occasion de rencontrer Marc dans un laundromat, breton en voyage ici et là sur le globe à réaliser ses rêves car il le peut. 

Apprendre un peu de la culture locale. On se demandait pourquoi cette cité avait été implantée ici. 
Nous n’avons pas chercher les réponses à ces questions. On ne cherchera pas plus loin. 

Queenstown commence à nous faire de l’œil. 

Un peu de route à parcourir. 

La satisfaction de rouler pour du bonus. 

Pardi. Nous ne croyons pas si bien penser ! 

On vous raconte tout ça dimanche prochain. 


Et vous, quelles seraient vos expériences avec le vent à raconter ?
On répond à toutes vos questions en commentaire si vous souhaitez en savoir plus sur certains points.


Et pour compléter cet article, retrouvez nos stories sur Instagram : elles sont pleines de détails sur notre aventure. 😉

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