Semaine du 16 au 22 novembre. De Managakino à Whanganui.
La semaine du froid. Nous ne dépasserons pas les 20°C tout en nous faisant rincer abondamment 🌧️ Vous êtes prêts ? Alors, allons-y.
C’est avec un brin de maturité que nous reprenons la route. Partir de Mangakino, qui nous aura bien dépannés et mis à l’abri, nous fait du bien. L’étape du jour ne représentera que 30 km, pour nous réserver un peu pour le lendemain. Le dénivelé reste assez conséquent. Nous en profitons pour nettoyer les vélos, puis les huiler. Les rares chemins de terre que nous empruntons laissent tomber des brins de poussière. Il faut évacuer ces petits perturbateurs 🧽
Une légère côte nous mène sur le plateau, puis nous nous élevons de nouveau en traversant une forêt de pins, ce qui nous ravit. Parfois, un mur de parfums se dresse devant nous. Et tel un passage de voie 3/4, nous fonçons dedans sans encombre. Ce genre de belles traversées 🌸
L’objectif est d’arriver au Ngaherenga campsite ce soir, où commence le fameux Timber Trail. Pas de surprise, nous ne le ferons pas. Avec notre chargement, il nous serait impossible de passer dans certains endroits, et le revêtement ne nous offrirait pas la stabilité souhaitée. Et puis, gravir du dénivelé sur un terrain gravillonneux, ce n’est pas une mince affaire 😱
Nous passons donc notre chemin pour cette fois. Cela dit, ce qui nous attend le lendemain ne sera pas mal. Beaucoup de vitesse en descente ! Pour l’instant, nous profitons d’être arrivés vers midi pour manger tranquillement, observer les oiseaux dans les arbres, et discuter avec nos voisins anglais. Un bon moment de repos. Il n’y aura pas de douche aujourd’hui, mais on ne se sent pas vraiment sale 😅



La nuit a été sacrément fraîche. Rien qui nous empêche de nous réveiller doucement, puis de prendre la route vers Benneydale, où nous nous arrêterons pour prendre un café. Le gérant, qui ne garde pas sa langue dans sa poche, nous raconte que son fils vient de terminer son lycée et qu’il tient l’épicerie dans laquelle nous nous sommes arrêtés. Fier de son garçon. Le soleil nous réchauffe à travers la fenêtre. Nous remplissons les gourdes, puis il est temps de partir ! 💨
Ces petits villages donnent l’impression d’être à moitié à l’abandon. Nous observons beaucoup de commerces à vendre ou abandonnés. Plus globalement, on voit énormément de maisons à vendre. La récession actuelle fait son œuvre. Le gérant de la ferme, il y a une semaine, nous expliquait qu’il était obligé de vendre une partie de son activité pour pouvoir acheter. Et ce, avec déjà un apport conséquent, car les banques prêtent difficilement. Ces bourgades n’ont plus l’air d’être dans l’air du temps. Des cités avaient été construites pour loger les travailleurs et leurs familles en rapport avec des projets de grande envergure (barrages, usines, etc.), puis tout a une fin, et les gens vont se nourrir ailleurs 💡
Il faut dire que nous traversons l’île du Nord par des chemins de traverse. Peu empruntées, ces routes sont un délice à parcourir. Et ce n’est pas la raison pour laquelle nous devrions poser une croix sur les incontournables comme Rotorua et Taupo. Pour atteindre Tamarunui, nous passons par la Ongaru Waimiha Road, qui nous offre des gorges sublimes. Les perspectives sont impressionnantes, les côtes casse-pattes aussi !



Avant d’arriver au village, nous devons emprunter la State Highway 4, que nous aurons comme amie pendant les deux prochaines étapes. Ce n’est pas très agréable, même si l’asphalte est bienvenu. Plus les gens ont de grosses voitures, plus ils s’écartent. Nos rétroviseurs nous aident beaucoup à anticiper, surtout lorsqu’un semi-remorque est en approche. Les routiers, majoritairement de bons compagnons de route, sont bienveillants. Ne parlons pas en temps de pluie. Nous ressemblons à des sapins de Noël dans ces moments-là avec nos lumières 🎄
Ce dimanche, Lisa ressent une douleur au genou gauche, que nous traitons en nous reposant le lendemain. Ce sera l’occasion de procéder à quelques réglages sur le vélo (selle, cales, on trouvera). Cet imprévu nous permet de faire connaissance avec un Néerlandais et un Français.
Le soir, au camping, toutes sortes de personnes se rejoignent : les randonneurs du Te Araroa, les bikepackers du tracé adapté du Te Araroa, et ceux en vans. Tous se rencontrent ou se retrouvent. Eh oui, on se suit sur la trace pour beaucoup. C’est une occasion de mieux se connaître chaque jour, même si cela ne dure que quelques étapes 🙊



Le jour de vérité se joue le mardi, sur notre route vers National Park. Une ville simplement nommée ainsi, car il fallait bien trouver un nom. Elle se situe à la tombée du Tongariro National Park. On comprend pourquoi ! Nous y arrivons donc sans encombre. Lisa se sent mieux dans son effort à gauche. Nous tâtonnons, mais nous y arrivons avec brio.
La nuit la plus froide nous attend. Qui dit altitude de 800 m, dit fraîcheur accrue. Les nuages noirs au loin ne nous annoncent rien de bon. Les éclats des gouttes contre le toit de la tente ne nous réveillent que peu dans la nuit 😌
Nous nous réveillons avec un plafond nuageux plus bas que le niveau de la mer. Le ré-empaquetage est un peu mouillé, mais nous prenons la route avec peu d’espoir de sec. Heureusement, la seule difficulté du jour est une montée-descente pour aller chercher un pont en contrebas, alors que le magnifique pont ferroviaire va tout droit et nous nargue d’en haut. Nous ne nous arrêterons même pas pour le prendre en photo. Après cela, ce sera une ligne droite en faux plat descendant jusqu’à Raetihi, où nous ne nous arrêterons pas pour la nuit. En revanche, nous y arriverons trempés jusqu’aux os. Nous irons nous réchauffer au café Angel Louise, tel un symbole. Nous déciderons de descendre sous un soleil beaucoup plus présent jusqu’à Pipiriki ☀️



Rajouter 25 km à une journée qui ne s’annonçait pas si jolie s’est avéré être la meilleure décision. Une route devenue tranquille. Un paysage rempli de pins, une végétation à la limite de la jungle, un flanc de falaise saisissant nous accompagne jusqu’en bas de la vallée. Les chants salvateurs de la faune ravie des rayons de soleil nous accompagnent à la rencontre de la Whanganui River, où nous dormirons au chaud dans une cabine. Il n’était pas trop tard non plus pour faire sécher nos éléments. Et ce qui est beau en vélo, c’est que nous étions déjà presque secs à ce moment-là. Nous nous réconfortons dans la salle commune chaleureuse après une douche toute aussi réconfortante.
Le plan maintenant est de suivre le lit de cette rivière, dont les contes et légendes bercent la culture maorie. Un film a même été tourné (River Queen) racontant une toute autre histoire moins enchanteresse. Cette rivière nous mènera vers notre prochaine pause-repos de deux jours à Whanganui.
Pendant ce temps, nous profitons de la chance que nous avons de nous esclaffer à chaque sortie de virage. La vue indescriptible nous impressionne par sa beauté. Certains la parcourent en canoë, ce qui semble être une autre belle option pour un angle de découverte. On en croisera dans le camping étape à mi-parcours que nous choisirons 🛶
Le Flying Fox, si bien nommé, nous propose de dormir sur l’autre rive, en passant par une cabine suspendue par un câble. L’expérience nous donne l’occasion de surplomber brièvement la rivière. Une aventure inédite ! L’endroit est atypique également. Tenu par un couple, l’hébergement est autonome sur bien des points. L’occasion de se doucher à l’air libre, ce qui n’est pas pour nous déplaire 🦊



L’humidité de la dernière nuit avant le repos nous donne une dose de force. Celle de se dépasser pour cette dernière journée, qui annonce une brève mais pas moins importante difficulté. À 25 km, se dresse un mini-col où nous gagnerons 100 m en 2 km. Un instant court de vérité qui s’est avéré surprenamment agréable pour nous deux. Bien gérer son effort, bien s’hydrater et bien philosopher peut vous porter loin. Parler au vent s’avère souvent judicieux. À la clé, une vue mémorable de la vallée que nous venons de descendre. Avec fierté, nous fêtons cela avec une barre de céréales. Le reste ne sera que dénivelé négatif et neutre pour longer doucement la rivière jusqu’à notre auberge. Ah si, un café accompagné d’un gâteau fera office de sur-récompense 💪🏼
Nous choisissons de nous arrêter un weekend entier pour prendre le temps.
Le temps du repos pour les jambes et laisser retomber les tensions.
Le temps de lire, d’écrire, de refaire le petit monde que nous découvrons.
Le temps d’aller au cinéma. Avoir la salle pour nous deux aura été un petit cadeau.
Le temps de se nourrir autrement.
Le temps de ne rien faire.
Le temps de prévoir la suite dont vous aurez la teneur lorsque le vécu appartiendra au passé 🙏
On répond à toutes vos questions en commentaire si vous souhaitez en savoir plus sur certains points.
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Cette lecture est un bonheur pour nous. Place à notre imaginaire pour mettre des images sur les mots.
On vous aime 💓💓💓💓💓💓
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On va tenté de continuer comme cela alors 🤩
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