Boucler la boucle đŸ„ș – Tasmanie 3

Ou faire le tour du disque

Hobart 👉 Melbourne

La remontĂ©e fantastique 

En avant, en avant ! AprĂšs quelques jours de repos bien occupĂ©s, il nous fallait reprendre la route pour sauter dans le ferry. Devonport nous voilĂ  ! 

En quoi consiste cette remontĂ©e vers le nord ? Une presque ligne droite qui monte pendant trois bons jours pour redescendre au niveau de la mer. Nous ferons quatre arrĂȘts jusqu’Ă  atteindre Devonport. 

En cette derniĂšre semaine de fĂ©vrier, les jours s’annoncent beaux. Melbourne, que nous retrouverons aprĂšs la traversĂ©e, semble nous prĂ©parer un accueil sans fraicheur. C’est le baume au cƓur que nous descendons la route depuis South Hobart. 

Être restĂ© longtemps au mĂȘme endroit crĂ©e une connexion particuliĂšre. Et l’on s’en rend particuliĂšrement compte lorsqu’il faut couper le cordon. HabituĂ©s Ă  quitter le lieu qui nous a accueillis la veille, un doux pincement au cƓur ne nous lĂąche pas pendant les premiers kilomĂštres. 

Les quelque kilomĂštres parcourus de la matinĂ©e nous plongent dans l’instant prĂ©sent assez vite. Il nous faut passer le centre-ville puis une longue partie longeant les rives de la Derwent River. Nous nous arrĂȘtons pour manger Ă  l’approche de midi alors que nous n’avons pas parcouru la moitiĂ© de l’étape prĂ©vue. La zone pĂ©riurbaine a tendance Ă  ne pas nous offrir l’occasion d’ĂȘtre lancĂ©s sur une vitesse de croisiĂšre. 

À l’allure imposĂ©e par le chemin, oĂč nous prenons plaisir tout de mĂȘme, nous arrivons progressivement vers l’obstacle de la journĂ©e (que nous pensions le seul Ă  cet instant). Le vent s’était levĂ© et la pluie menaçait. Une zone de travaux concernant la construction d’un pont pour remplacer le Midland Highway Bridge nous impose de nous insĂ©rer au niveau du rĂ©trĂ©cissement d’une quatre voies. Comme nous arrivons par le bas, nous devons gĂ©rer Ă©galement la partie qui nous fait faire un U pour nous mettre dans le bon sens. Pour finir, nous jonglons entre ceux qui sortent des travaux (qui veulent remettre plein gaz) et ceux frustrĂ©s de devoir freiner. 

Tout cela est bien pĂ©rilleux, et dur de retrouver assez tĂŽt cette intensitĂ© de circulation. L’ancien pont sur lequel nous passons, rase le niveau de la riviĂšre, la pluie s’en mĂȘle et le vent nous pousse vers la voiture qui nous double dans un espace serrĂ©. Nous nous retrouvons Ă  la sortie pour souffler un peu et laisser l’averse passer. C’était intense mais le sourire est toujours lĂ  ! 

Le chemin se poursuit sur une route aussi calme que nous avions dans la matinĂ©e. Progressivement, nous atteignons Brighton, petite citĂ© Ă©tape sur le chemin de la Highway 1 qui coupe le pays en deux pour atteindre Launceston. En ce dĂ©but d’aprĂšs-midi, nous nous posons dans un parc pour enfants oĂč se trouvent de chouettes tables. Nous constatons que le vent forcit Ă©normĂ©ment. Des rafales poussent mĂȘme nos vĂ©los au chavirage alors qu’ils sont bien posĂ©s en contre. 

AprĂšs cette courte pause, nous souhaitons nous arrĂȘter plus loin que Brighton. Cependant, cette option suppose de rouler contre le vent. Une chose que nous avons fait souvent, lĂ  n’est pas le problĂšme. Alors nous tentons le coup ! Cette tentative n’a durĂ© que 3 kilomĂštres Ă  peine. Sur la route lĂ©gĂšrement empruntĂ©e, nous divaguions littĂ©ralement, les rafales nous poussaient dans le fossĂ© comme nous n’avions jamais expĂ©rimentĂ©. La dĂ©cision s’est vite prise de rester dormir au village. 

Le problĂšme, c’est que nous prenions aussi la route car il n’y avait pas d’endroit oĂč poser notre tente. Ne sachant pas en plus jusqu’oĂč nos arceaux fĂ©briles pouvaient tenir avec le vent fort d’aujourd’hui, nous restions dĂ©semparĂ©s face Ă  la situation. Notamment lorsque le gĂ©rant de l’hĂŽtel du coin nous disait froidement que “non”, il Ă©tait complet ce soir. Il avait rangĂ© l’empathie au placard mais c’est aussi le jeu, on ne tombe pas que sur des anges. 

Dehors, Ă  attendre quoi faire, devant la rĂ©ception, les inconnus passent devant nous sur le chemin du bar de l’hĂŽtel. Un couple de retraitĂ©s avance vers nous pour nous demander l’habituel refrain. Il n’en faut pas plus Ă  Lisa pour laisser couler quelques larmes de dĂ©sarroi face Ă  l’impasse de la situation. La dame, pleine d’humour, donne toute sa bienveillance Ă  faire descendre Ă  la pression. Son mari s’empresse d’aller Ă  la caserne de pompiers pour trouver l’information d’un endroit propice Ă  monter une tente. Il revient assez vite pour nous indiquer le lieu oĂč nous dormirons finalement le soir. Ces gens auront Ă©tĂ© d’une vraie gentillesse Ă  simplement s’arrĂȘter, en demandant mĂȘme Ă  un de leurs amis de nous dĂ©poser avec son pick-up. Il y a des gens adorables. 

Nous resterons cependant longtemps dans l’expectative pour savoir si l’endroit Ă©tait autorisĂ© pour les tentes et pas seulement les vans. Des sanitaires devaient ĂȘtre disponibles, malheureusement rien n’était ouvert. Nous aurions dĂ» payer Ă©galement, au grocery store du coin. Le “hic” Ă©tait que le campement se trouvait Ă  2 kilomĂštres du centre. De toute maniĂšre, nous devions aller acheter de quoi pour le soir. Les femmes du magasin furent adorables avec nous. Nos gourdes remplies, nous allions pouvoir envisager la soirĂ©e autrement.  

La jointure des arceaux a de nouveau cĂ©dĂ© sans que ce ne soit irrĂ©parable. Nous dormirons, et mangerons, Ă  l’abri et – presque – dans le silence. Le vent tomba progressivement dans la nuit sans que la fraicheur ne puisse s’installer. Lisa aura droit Ă  une attaque de panique due en partie Ă  la situation un peu chaotique et la dĂ©compression de s’ĂȘtre fait un sang d’encre Ă  ne savoir quoi faire. Pour ma part, j’avais hĂąte de passer Ă  demain qui s’annonçait plus clĂ©ment. Il fallait plier le campement assez tĂŽt pour partir avant le rĂ©veil du vent inĂ©vitable. 

Le plus beau dans toute cette situation fut de pouvoir admirer un des plus Ă©clatant coucher de soleil de notre sĂ©jour en Tasmanie. 

Un vrai dĂ©part pour l’épopĂ©e 

Nous faisions un nouveau passage Ă  l’épicerie et au cafĂ© pour se prĂ©parer Ă  la journĂ©e. Le soleil s’installait progressivement. La motivation entamĂ©e hier revenait lentement avec la chaleur d’un latte entre nos mains. 

Reprendre le mĂȘme dĂ©but de route qu’hier. Contempler l’étendue de terre et d’herbe devant nous. Dans cette ligne droite, des nuages offrent un arc-en-ciel sans racines avec le sol. Nous atteignons la certitude que nous sommes le bon jour pour cette partie. Direction Bothwell. 

Entre colines clairsemĂ©es et forĂȘts d’eucalyptus, nous avançons en toute quiĂ©tude. Partir tĂŽt nous offre un calme olympien pour atteindre les sommets et gravir leurs pentes. Peu de chants d’oiseaux, quelques serpents sur le bord de la route, des vaches au regard interrogateur, bordent le chemin. 

Nous admirons ironiquement la vue d’une Ă©tendue de forĂȘt littĂ©ralement dĂ©truite dans un tout autre cadre que de la sylviculture. Le paysage a des airs apocalyptiques. Ici le vent a champ libre pour souffler comme il le souhaite. J’avance un peu pour me mettre Ă  l’abri en attendant Lisa. Nous entamerons une partie gravel ensemble. Nous y verrons un Ă©norme lĂ©zard en plein milieu de la route. 

Cette journĂ©e magnifique nous aura fait monter, avec quelques descentes, jusqu’à un petit plateau qui abrite le discret village de Bothwell. Deux stations essences qui se font face m’attendent Ă  l’arrivĂ©e, c’est lĂ  que je pose le vĂ©lo en scrutant la route perpendiculaire qui m’a menĂ© ici. Lisa ne devrait plus tarder. 

Nous allons voir le camping municipal qui nous a l’air sobre et sympathique. Les voisins point dĂ©rangeants, nous poserons la tente le long de la clĂŽture avec le cimetiĂšre. Il ne nous reste plus qu’à passer au Central Highlands Council pour rĂ©gler notre dĂ» dĂ©risoire. Et vous savez quoi ? Sur le terrain, il y a une table Ă  l’abri du vent, nous sommes refaits de cette montĂ©e en gamme, comparĂ© Ă  hier. 

Un enchainement de deux soirĂ©es et matinĂ©es magiques nous sera donnĂ©. La chance sera d’avoir une mĂ©tĂ©o dĂ©gagĂ©e pendant les trois prochains jours. Une merveille que l’on s’offre aussi par des rĂ©veils au lever du soleil. 

Le vent a faibli pendant la nuit. L’ alarme du tĂ©lĂ©phone sonne. On devine les premiĂšres lueurs Ă  travers le toit de tente. Le ciel immaculĂ© donne tout l’air d’une peinture. Le rose du matin rappelle le ciel du soir. Le champ de tombes semble rĂ©chauffĂ© aux premiers rayons. Les collines au loin proposent un lent spectacle. Telle une ouverture de rideau, les ombres formĂ©es des versants s’estompent lentement. 

Nous avons le temps de remballer aprĂšs un petit dĂ©jeuner attendu. Pas une goutte d’humiditĂ©, l’idĂ©al parfois existe. Instant remplissage de gourdes, et hop ! Retour sur la A5 qui nous mĂšnera jusqu’à Miena. Nous nous souviendrons de cette Ă©tape. Elle ne fera que monter et les descentes seront courtes. La rĂ©alitĂ© a surpassĂ© l’image de la coupe de dĂ©nivelĂ© de l’application. 

Une expĂ©rience extraordinaire se prĂ©sente Ă  nous le temps de quelques kilomĂštres. Plus prĂ©cisĂ©ment 5. Une ligne droite avec du vide autour. Pas de bruit. Aux alentours d’un endroit se nommant The Steppes, nous traversons une prairie silencieuse. Et l’impression que cela donne est de ne pas avancer avec la sensation de bien rouler. Pas frustrant, seulement perturbant. 

Heureusement, ĂȘtre partis tĂŽt nous donne le confort d’ĂȘtre relativement tranquilles. Bien que toute l’énergie ne se puise pas que dans le silence. À la sortie de cette journĂ©e, nous sommes rincĂ©s. 

Nous arrivons dans cet endroit comme bien d’autres dĂ©jĂ  contĂ©s, une oasis. HĂŽtel – Restaurant – Camping – Station-service, l’endroit fait tout. Nous sommes au niveau du Great Lake en plein milieu de cette grande Ăźle. Nous arrivons Ă  l’heure du midi passĂ©, affamĂ©s. On se dĂ©gote des bĂȘtises au General store de la station. 

Un lieu prisĂ© par beaucoup de routards qui traversent Ă  une autre vitesse la Tasmanie. Quelques-uns viennent discuter avec nous dont un plus admiratif que les autres. Il souhaitera prendre une photo avec nous aprĂšs une discussion intĂ©ressante. D’autres voyageurs seront passĂ©s faire un “coucou” lors de ce chouette moment. 

Il ne manquait plus qu’à poser la tente lĂ  oĂč nos voisins « caravanistes » se balaldaient pour faire pisser leur chien, sans gĂšne. Conclusion rĂ©elle d’une balade de fin de journĂ©e. Pour se changer les idĂ©es, on apprĂ©ciera les douches pour les campeurs avec des serviettes fournies. Une derniĂšre soirĂ©e Ă  apprĂ©cier un dĂźner avec une vue et la compagnie de pademelons. 

Revenir en sentiers battus 

Lendemain matin. 26 fĂ©vrier. MĂȘme rengaine matinale pour s’apprĂȘter Ă  rallier Deloraine. Nous petit dĂ©jeunons dans le minuscule coin cuisine. Le temps de se rĂ©chauffer n’est jamais assez. Cependant, tout est compensĂ© par le spectacle de notre meilleur ami Soleil qui soigne toujours son entrĂ©e. On se rend compte bien vite que l’on profite de lui pleinement dĂšs lors que l’on se rĂ©veille aux aurores et qu’on lui dit au revoir au crĂ©puscule. Une osmose totale que nous devons Ă  nous mĂȘme qu’il ne faut pas oublier d’apprĂ©cier. 

Sur la route, aprĂšs quelques lignes droites plein vent, j’observe un wallaby postĂ© sur la ligne sĂ©paratrice. Avec le maximum d’effort pour rester silencieux, j’arrive Ă  le filmer jusqu’à ce qu’il me remarque. Un moment pour soi. Que Lisa pourra savourer quelques minutes aprĂšs moi. 

Le long de la route qui longe le lac, une ribambelle de maisons s’apparentant Ă  des mobil-homes premium s’enchainent. Nous n’arrivons pas Ă  dĂ©terminer si ce sont des rĂ©sidences de vacances ou bien du long terme. Une atmosphĂšre Ă©trange se dĂ©gage de ce passage qui dure une bonne trentaine de minutes. 

Il n’aura pas d’effet notable sur notre motivation pour monter nos derniers dĂ©nivelĂ©s de l’üle. À tel point que nous atteindrons le point culminant de la Lake Highway Ă  1210m sans se rendre compte finalement de l’ascension progressive qui nous a menĂ©s jusqu’à ce panneau. En trois jours, nous sommes heureux de la bascule qui s’annonce. Nous allons descendre pendant une vingtaine de kilomĂštres. De quoi se recoiffer un peu ! 

AprĂšs le gris des hauts plateaux, nous voilĂ  qui regagnons le vert des pĂąturages. TrĂšs rapidement : Deloraine fut créée par un mec qui cherchait le meilleur terrain pour dĂ©velopper une activitĂ© fermiĂšre. La ville s’est dĂ©veloppĂ©e depuis pour devenir un endroit plein de charme. Le camping se situe le long de la riviĂšre d’oĂč l’on pourrait apercevoir des platypus (ornithorynque) dans leur milieu naturel. Malheureusement, nous n’aurons pas cette chance. 

Toute cette semaine Ă  rouler, qui se terminera Ă  Devonport, nous aura fait grand bien au moral. Surtout aprĂšs avoir quittĂ© l’énergie incroyable du sud, nous aurions pu avoir un peu le blues. Se lever trĂšs tĂŽt pour profiter des meilleures conditions nous aura rĂ©chauffĂ© les cƓurs. 

La chance que nous aurons se situera dans la rencontre d’un couple d’artistes postĂ©s Ă  cĂŽtĂ© de notre tente. Nous aurons une super discussion sur le voyage en gĂ©nĂ©ral et les diffĂ©rentes maniĂšres d’itinĂ©rer. Leur truck avec lequel ils roulent depuis le Queensland semble vraiment pratique. Ils pourraient aller partout me dis-je. En effet, voilĂ  qu’il me raconte qu’ils sont allĂ©s rouler sur les plages de l’ouest de l’üle. Les images sont magnifiques bien que je ne comprenne pas fonciĂšrement le dĂ©lire. Ils Ă©chapperont aux feux que nous avions sentis deux semaines auparavant. Nous aurons beaucoup Ă  nous dire  lorsque la luminositĂ© tombe et que nous n’avons pas encore mangĂ©. 

Nous observons les va-et-vient des jeunes gens prĂ©sents sur le camping. InstallĂ©s Ă  long terme, on suppose que la ville est un point d’ancrage pour les jeunes en permis vacances-travail. TrĂšs tĂŽt, au petit matin, nous les voyions partir pour aller commencer une journĂ©e de travail qui finira dans l’aprĂšs-midi. On espĂšre qu’ils sont bien traitĂ©s ! 

Pour nous, c’est le temps de laisser la pluie tomber lors de notre petit-dĂ©j’, et d’enchainer avec notre dernier jour Ă  parcourir les routes tasmaniennes. Un merveilleux baroud d’honneur en suivant le chemin de fer plein d’admiration pour la brume que nous observons sur les champs. Aucun passage compliquĂ© Ă  part une portion passante oĂč Lisa faillit se faire empaler par un camion Ă  un croisement et une voiture qui la frĂŽla de bien trop prĂšs avant d’arriver Ă  Latrobe. Lorsqu’elle me rejoignit, ça faisait longtemps que je ne l’avais pas vue en colĂšre de la sorte. MĂȘme problĂšme que d’habitude, lorsque la route donne l’occasion d’aller vite, le conducteur oublie un certain nombre d’obligations sur la route. 

Cette petite ville nous permet de nous y rĂ©fugier pour se restaurer. MĂȘme s’il nous reste 10km Ă  parcourir, nous aimons prendre le temps sur Gilbert Street afin de profiter de l’occasion de goĂ»ter aux petites sucreries que nous aurons aimĂ©es ici. Un dĂ©tail gourmand et important car souvent les passages intenses comme a vĂ©cu Lisa peuvent trĂšs vite nous vider de toute Ă©nergie. Alors cette pause de midi nous donne trĂšs vite l’Ă©nergie nĂ©cessaire pour atteindre le camping de Devonport situĂ© au pied du phare de Mersey Bluff. 

Nous n’aurions pas pu rĂȘver mieux pour cette derniĂšre soirĂ©e ici. Nous prenons le temps de faire une lessive et de manger tranquillement. L’occasion se prĂ©sente de faire le point sur ce mois aussi surprenant qu’émouvant. Le soleil se couche sur notre aventure en Tasmanie, le phare veille sur nous, et sur le cargo qui sort du port, direction Geelong. Devonport reprĂ©sente le premier endroit oĂč nous revenons aprĂšs l’avoir dĂ©jĂ  visitĂ©. Nous apprĂ©cions y repasser avec un autre Ɠil. 

AprĂšs une petite balade, nous observons non loin de la tente l’animal emblĂ©matique de notre sĂ©jour : un possum ! Nous prenons quelques minutes pour le saluer. Il est un peu timide. Il feint l’immobilisme lorsque nous tentons de le filmer dans la pĂ©nombre accompagner de notre lumiĂšre rouge. Croiser un possum le dernier jour reste un symbole pour nous ! 

Dernier jour de ce mois de fĂ©vrier. On ne change pas les habitudes. Le ferry part trĂšs tĂŽt. Encore un lever de soleil magistral que nous ressentons plus que nous regardons pour cette fois. Le mĂȘme chemin, les petites courses de survie pour la traversĂ©e, l’enregistrement, discuter avec un cyclo-voyageur puis nous nous asseyons Ă  une place similaire Ă  celle de l’aller. Juste de quoi admirer le dĂ©troit de Bass avec la lumiĂšre du matin. 

Nous arrivons Ă  Geelong en fin de journĂ©e. DĂ©barquement avec les vĂ©los puis premiers coups de pĂ©dale dans cet environnement rencontrĂ© dĂ©jĂ  Ă  un horaire plus matinal. Je suis Ă  plat ! La malchance totale. J’ai dĂ» rouler sur quelque chose dans la matinĂ©e dans les 5km impartis. Ce coup du sort m’agace tellement sur le moment. DĂ©cision prise : je regonfle pour avoir de quoi arriver au logement de ce soir. Nous avons Ă  parcourir la mĂȘme distance que ce matin. 

Nous y arriverons avec rĂ©ussite. Je rĂ©parerai le lendemain matin. Pour l’heure, ce soir une pizza nous ramĂšnera Ă  une tempĂ©rature plus normale aprĂšs ce coup de chaud. Le mĂȘme environnement qu’il y a un peu plus d’un mois, le soleil se couche Ă  un horaire diffĂ©rent, l’atmosphĂšre l’est Ă©galement. Nous aimons l’infime partie de ce que nous touchons de l’Australie. 

Maintenant, il nous faut rallier Melbourne ! Jonny nous logera de nouveau pour deux nuits. Avant, une dense journĂ©e s’annonce. Nous dĂ©posons un colis avec des affaires que nous renvoyons en France. Il y a toujours de trop et l’on aime s’allĂ©ger lorsqu’on est Ă  vĂ©lo. Puis il faut nettoyer ces vĂ©los bien sales qui ont parcouru les routes tasmaniennes. Si les vĂ©los pouvaient parler, ils nous diraient “merci”. Nous devons prendre le train au sud de Geelong oĂč se situe le terminus. Une opĂ©ration qui prend un peu plus de temps que prĂ©vu. Cela dit nous y arrivons sous le soleil. Le train arrive une bonne heure aprĂšs. Être lĂ  oĂč le train dĂ©bute son service permet de positionner facilement les vĂ©los dans l’espace prĂ©vu. Il est temps de partir et de manger ! 

Partir entrainĂ©s ! 

Au fur et Ă  mesure que le train avance, nous observons qu’une foule consĂ©quente s’amasse dans notre voiture. On le comprendra Ă  l’arrivĂ©e, un concert de Green Day aura lieu ce soir et la salle est littĂ©ralement Ă  cĂŽtĂ© de la gare. C’est Ă  partir de lĂ  que nous nous mettons en route pour parcourir la route pour retrouver notre cher ami. Toute cette circulation et ce bruit nous font bien bizarre, un peu dĂ©stabilisĂ©s, nous rappelons vite nos automatismes de citadins. 

Nous passerons la soirĂ©e dans notre pizzeria adorĂ©e des premiers jours. Le gĂ©rant se souvient de nous, content de nous revoir passer par lĂ . Le lendemain, Jonny nous fera parcourir le charmant South Melbourne. On poursuivra la balade tous les deux dans le centre Ă  dĂ©penser nos derniers dollars et nous rĂ©pĂ©ter notre contentement d’ĂȘtre passĂ©s par cet endroit du monde. 

Un brin nostalgique, nous dĂ©montons nos vĂ©los pour les mettre dans nos cartons laissĂ©s Ă  la cave. DĂ©jĂ  tournĂ©s vers le Japon qui sera notre prochaine Ă©tape. La chaleur du moment ne nous prĂ©vient Ă  aucun moment de ce que nous allons traverser bientĂŽt. 

L’horaire de l’avion de demain est matinal. Il nous faudra partir dans la nuit. Nous dirons au revoir Ă  Jonny dans la soirĂ©e. Nous nous couchons sans grandes espĂ©rances de bien dormir. 

La tĂȘte dans les choux, nous sortons toutes nos affaires du petit appartement. Nous montons les vĂ©los au niveau du lobby. Puis nous menons toute la charge sur le bord de la route. Seuls au milieu de la nuit. 

Le chauffeur arrive. Cette fois-ci, nous n’aurons pas la chance de notre arrivĂ©e Ă  Melbourne. La voiture n’est pas assez grande. On se pose alors Ă©normĂ©ment de questions. Nous avons de l’avance mais alors lĂ , les solutions ne sont pas faciles Ă  trouver. Le chauffeur nous propose de faire le trajet deux fois de sorte Ă  mettre au moins un vĂ©lo Ă  chaque tournĂ©e. On prend l’option ! 

Le coup de chaud du matin. On est vite sortis du brouillard. Le doute subsiste, va-t-il respecter son engagement ? Va-t-il vraiment revenir chercher Lisa qui est restée au logement ? 

ArrivĂ© Ă  l’aĂ©roport, je me positionne pour attendre sans gĂȘner. Une balance pour connaitre le poids des bagages n’est pas trĂšs loin, je prends l’occasion de vĂ©rifier le carton du vĂ©lo. J’ai bien fait ! Il me faut enlever des Ă©lĂ©ments. J’ai le temps et gardĂ© le scotch dans cette Ă©ventualitĂ©. Cela aurait Ă©tĂ© bĂȘte d’avoir Ă  gĂ©rer ce dĂ©tail Ă  l’enregistrement. La tempĂ©rature n’est pas prĂšs de descendre ! 

Lisa finit par arriver. Nous payons le chauffeur puis rĂ©unissons toutes nos affaires. Enfin ! Nous voilĂ  ensemble et toutes les affaires. PremiĂšre Ă©tape accomplie. Ce n’est pas fini car nous n’étions pas sĂ»rs que Japan Airlines allait nous prendre avec les vĂ©los. 

Finalement, tout se dĂ©roulera le plus confortablement possible. Les agents de la compagnie furent des plus aidant et il n’a mĂȘme pas Ă©tĂ© nĂ©cessaire de payer de surplus pour que les vĂ©los soient pris en compte. Faveur ou fonctionnement normal, nous ne saurons point. 

Jusqu’aux derniĂšres heures, nous aurons vĂ©cu cette Ă©tape australienne intensĂ©ment. Tous ces rebondissements peuvent nous pousser dans nos retranchements en ce qui concerne leurs gestions. FatiguĂ©s Ă  la sortie, nous apprenons Ă  chaque Ă©pisode. Pour que le suivant, l’autre imprĂ©vu, soit vĂ©cu avec plus de sang-froid. Bien que nous commençions Ă  ĂȘtre rodĂ©s. Rien n’est vraiment grave, la solution est Ă  portĂ©e de main mĂȘme si elle ne nous plait pas au premier abord, mĂȘme si l’incertitude rĂšgne encore. Il faut choisir, nous choisissons d’avancer. 

Tout cet apprentissage Ă  la composition ne serait-il pas un entrainement Ă  notre passage au Japon ? Une introduction Ă  notre arrivĂ©e dans ce pays aux mille inconnues. Nous allons vous y amener pour vous donner un aperçu Ă  notre hauteur. Faut-il dĂ©jĂ  gĂ©rer l’arrivĂ©e ! 


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