Le bouquet final đŸ”ïž – Nouvelle-ZĂ©lande 10

Ou la traversée des merveilles

Invercargill 👉 Queenstown

Toute belle chose a une fin. 
Nous étions arrivés tout en bas, à présent il fallait remonter pour partir. 
Ceci Ă©tant dit, jusqu’oĂč ? 
Eh bien, destination Queenstown ! 

Nous n’allons pas parcourir cette route en deux jours. L’idĂ©e ici est de prendre notre temps. Cela pourrait mais nous avons multitude de jours en avance et l’envie de ne pas se presser. 

Pour l’heure, sortir d’Invercargill est relativement facile. Remonter le tracĂ© du Te Aeroa sera notre route principale. 
Surprise, nous allons emprunter une route secondaire. Enfin, vous nous direz.
Une belle en plus ! ParallÚle à la Highway 6 qui descend, cette route est délaissée. 

Nous comptons parcourir une soixantaine de kilomĂštres en nous arrĂȘtant Ă  mi-distance avant d’arriver Ă  Lumsden. 

La journée est réjouissante.

D’une, car nous sommes de nouveau sur les vĂ©los. Cette sensation est automatique dĂšs qu’on se positionne sur la selle, la libertĂ© qui s’offre Ă  nous et l’exercice du mouvement. 
De deux, car les jours prochains sont annoncés avec du plat. Relatif mais majoritaire. 

Il fait beau. Nous prenons le temps de discuter. Peu d’odeur d’animaux morts. Beaucoup de parfum des arbres bordant la route. Vraiment tranquille, cette route nous met Ă  l’aise. Nous croisons mĂȘme un couple qui roule en sens inverse. 

On se dit, de nouveau, que finir par Bluff n’est pas le plus joli ! Nous irons faire notre pause du midi Ă  Milton Ă  mi-parcours. On se rĂ©jouit de trouver une table dans ce village Ă©tape de la grande route qui longe la notre. 
Il fait frais et en mĂȘme temps un cafĂ© nous attend pour conclure ce pique-nique. Je gouterai un beignet custard. Une pĂątisserie fourrĂ©e Ă  la crĂšme pĂątissiĂšre. Malheureusement pas la bonne pioche du jour.

Nous repartons l’esprit lĂ©ger. 

Il ne nous reste plus trùs long à faire avant d’arriver au camping du jour.
On va mĂȘme arriver tĂŽt ! Le ressenti de cette partie du voyage ici tourne comme un bonus. 

Nous prenons ce qu’il nous offre. 

Sur le plat au loin, nous apercevons le panneau du camping. Le parking sur lequel nous rentrons, nous constatons des voitures mais aussi des gens bien sapĂ©s. Deux personnes nous abordent pour nous dire qu’il y a une soirĂ©e privĂ©e. Sur le moment, cela gĂ©nĂšre autant d’énervement que de soulagement car ces gars vont surement s’en mettre une belle ce soir. 
On n’a pas envie d’ĂȘtre lĂ . Par contre, je me demande ce que fait ce chien bien trop libre qui chie juste Ă  cĂŽtĂ© de mon vĂ©lo en nous regardant. DĂ©finitivement, ce n’est pas le bon endroit. Le destin nous dit d’aller plus loin. 

Ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuĂ©*

Plus loin ? Ce qui reprĂ©sente la mĂȘme distance Ă  parcourir que cette premiĂšre partie. Nous voilĂ  en route Ă  toute allure pour essayer d’arriver Ă  une heure raisonnable au camping
de Lumsden. 

Cette opération nous fait faire en un jour ce que nous avions prévu en deux. Le réconfort est dans le dénivelé qui ne change pas. Nous fonçons alors dans cette monotonie routiÚre. 

Les camions habitués du chemin à rencontrer des cyclistes nous préviennent par coups de klaxon amicaux. 
Le vent nous pousse presque. 

Nous arrivons en deux heures à Lumsden. Le soleil est loin de se coucher. 
Le camping est bien paisible. Nous y rencontrons un monsieur qui a construit sa propre mini-caravane. Il bossait, avant la retraite, dans l’aĂ©ronautique. Il savait quoi faire de ses mains donc. Il peut partir Ă  la pĂȘche sereinement avec cet Ă©quipement ! 

Une bonne nuit, bien mĂ©ritĂ© ! 

À noter que mon matelas se dĂ©gonfle toujours bien. Je commence Ă  avoir hĂąte de rĂ©ceptionner le nouveau dont je suis le chemin Fedex assidĂ»ment. 

Nous passerons les trois jours suivants à Mossburn dont nous avons trouvé le camping trÚs doux. 
AprĂšs avoir quittĂ© Lumsden et son cafĂ© dĂ©licieux, l’étape fut courte jusqu’au prochain bourg. Nous avons tout ce qu’il nous faut pour nous arrĂȘter au Country Park. Chaque matin, une brume Ă©paisse restera posĂ©e jusqu’à 13h au moins. Le bleu du ciel se laissera voir ensuite. Le coucher de soleil rĂ©galera les chanceux campeurs Ă  nos cĂŽtĂ©s. 

Nous sommes posĂ©s Ă  Mossburn en vue de prĂ©parer deux jours Ă  travers les montagnes. Nos deux prochains, et derniers, jours de vĂ©lo, en Nouvelle-ZĂ©lande.  

Le matin du dĂ©part, le brouillard est vraiment Ă©pais. Nous prenons un chemin tout dĂ©diĂ© qui ne sera que du gravel. Le tracĂ© se nomme “Around the mountains”, nous ferons une pause Ă  Mavora Lakes pour dormir. 

Inutile de dire que ces deux journĂ©es auront Ă©tĂ© splendides. Les plus beaux de notre parcours dans le Southland. 

Cela commence doucement en observant les reliefs grossir doucement en passant Ă  travers les champs d’élevage. On aura mĂȘme droit Ă  une rencontre avec un groupe de vaches perdues sur notre chemin. Un moment rigolo Ă  tenter de ne pas leur faire trop peur de sorte Ă  ce qu’elles ne se perdent pas. 

La pente est douce, le chemin est blanc. Les nuages sont encore scotchĂ©s au flanc des montagnes. Les couleurs Ă©clatantes nous font perdre l’axe de la route. 

La trace dĂ©diĂ©e cyclo nous laisse heureux orphelins de voitures Ă  un certain point. Quelle tranquillitĂ©. On retrouve une route peu empruntĂ©e mais gravel tout de mĂȘme et avec le passage de quelques vacanciers et fermiers. Pas des plus agrĂ©ables lorsque leur passage soulĂšve un Ă©norme nuage de poussiĂšre. Ils nous font un signe de main parfois que je ne rends plus, fatiguĂ© de cette bĂȘtise qui ne me surprend plus. 

Ralentir un minimum et faire attention aux randonneurs et personnes lentes comme nous serait bienvenu. Malheureusement, ce n’est pas dans l’ordinateur de bord. 

On en bouffe encore plus lorsque mon pneu avant commence à vaciller ! Une nouvelle crevaison se dresse sur notre chemin. Heureusement, on avait besoin de ça pour souffler et manger.
La route commençait Ă  ĂȘtre difficilement praticable. Pourtant Ă  premiĂšre vue, il n’y a rien d’alarmant. Seulement maintenant, on a tendance Ă  s’enfoncer et presque rester sur place. On ne comprend pas, jusqu’à prĂ©sent la route Ă©tait impeccable. 

Alors on roule avec douleur et exaspération, espérant des kilomÚtres meilleurs. Nous ne sommes plus trÚs loin des lacs. Puis nous apercevons au loin, un engin de chantiers, avec sa voiture accrochée derriÚre, en train de travailler la route. Le coupable est tout trouvé ! Il faut le rattraper. 

Depuis une heure que nous sommes Ă  rouler sur le bas-cĂŽtĂ© en herbe, on ne doit pas relĂącher. 

Puis la chance opĂšre, on remarque que le chauffeur de l’engin se stoppe pour faire je-ne-sais-quoi, nous attendions juste derriĂšre. Une petite accĂ©lĂ©ration pour le doubler. Oui ! Nous sommes devant ! Hourra, le revĂȘtement est impeccable devant lui. Tout sera plus agrĂ©able jusqu’à poser notre tente proche du lac. 

Un vent frais assez fort pour crĂ©er quelques vagues nous accueille gentiment. Ainsi qu’Allison et Cal, couple d’australiens, arrivĂ©s plus tĂŽt. Nous posons la tente avec soin dans le sens du vent. Allison vient nous parler pour faire connaissance. 

La soirĂ©e sera trĂšs agrĂ©able Ă  discuter autour de la seule table de pique-nique. Un autre couple de marcheurs, Allemand, sera de la partie Ă©galement. 

Pas de douche ce soir, j’aurais froid pendant la nuit. L’altitude assez Ă©levĂ©e explique aussi le ressenti. Il suffit parfois de monter juste un peu pour avoir ces tempĂ©ratures. J’aurais dĂ» faire comme Lisa : une toilette furtive dans le lac. 

Le grand jour arrive, le dernier oĂč nous roulerons sur le sol nĂ©o-zĂ©landais. Nous ressentons autant de mĂ©lancolie que de soulagement dans ce premier achĂšvement de l’aventure. Du bonheur surtout du chemin accomplit. 

Le matin est merveilleux. Plus de vent sur le lac qui est d’huile. Nous prenons l’occasion d’immortaliser ce moment. 

C’est par ici, et dans la vallĂ©e que nous parcourons, que de nombreuses scĂšnes de la triologie du Seigneur des Anneaux ont Ă©tĂ© tournĂ©es. On s’imagine par moment des lieux de tournage. 

Tout comme l’instant oĂč une simple cĂŽte nous propose une vue picturesque pleine de perspective vers le chemin que nous nous apprĂȘtons Ă  parcourir. Les montagnes semblent se rejoindre au loin. Et nous, tout petit au milieu de ces cathĂ©drales. Rien ne rĂ©sonne et le silence est d’or. Cependant, la beautĂ© est criante. Le soleil Ă©merge doucement Ă  notre droite, ses faisceaux s’annoncent derriĂšre les crĂȘtes. 

Nous sommes partis ce matin ne sachant pas oĂč nous dormirons Ă  Queenstown. 
Nous avons envoyé, le soir au lac, un message à Jess, que nous avions (re)rencontrée à Clyde mais pas de réponse pour le moment. 

On se dit de nouveau que tout se dĂ©cidera au dernier moment. Certes, tout est cher dans cette citĂ© perdue au milieu des montagnes mais la solution devrait se dĂ©canter. Pour l’heure, nous sommes sans rĂ©seau sur notre chemin blanc, profitons !  

La route traverse quelques riviÚres que nous coupons en restant sur nos destriers. 
Un troupeau de vaches libres traverse à 100 mùtres devant moi. Tout comme le liùvre que j’aperçois galoper. 

Nous sommes heureux ici. 

Une table de pique-nique nous accueille pour le dĂ©jeuner avec vue sur la chaine montagneuse. Un silence d’or s’installe pendant notre pause de contemplation. 

La descente ensuite nous fait longer l’une des riviĂšres qui vient se jeter dans le lac bordant Queenstown. 

Tout devient vert comme une oasis au milieu d’un dĂ©sert. 

De nouveau à la suite d’une courte cîte, la vue s’ouvre sur ce lac tant attendu. L’objectif du jour s’ouvre à nous. 
Il faut longer encore un peu le lac, passer Ă  cĂŽtĂ© de fermes puis arriver Ă  la mini station de Walter Peak oĂč nous prendrons le bateau. 

Nous sommes heureux et fiers d’ĂȘtre arrivĂ©s jusque-lĂ . 
Une libération pour notre esprit et nos corps. 
Nous en sommes capables. On peut tout faire maintenant ! 

Savourer la fin d’un pĂ©riple

Sur ce lac, navigue le plus vieux navire Ă  vapeur commercial de la zone australe, nous ne pourrons le prendre. On sera trĂšs bien sur le tout neuf navire oĂč finalement la tranquillitĂ© rĂšgnera. 

Arriver par cette porte à Queenstown se savoure comme il se doit. Les cheveux au vent, nous sourions de joie. 

Nous avons reçu un message de Jess ! Nous sommes les bienvenus chez eux pour les jours qu’il nous reste en Nouvelle-ZĂ©lande. Ils Ă©taient partis camper durant le week-end. Ils avaient donc coupĂ© un peu les connexions. Tellement heureux que nous sommes de faire prochainement plus ample connaissance (et potentiellement bien dormir). 

Pour ce soir, nous choisissons de rester dans un camping dans la ville. Ce n’était pas une mince affaire Ă  trouver mais nous y sommes arrivĂ©s ! 

Un recoin rĂ©servĂ© aux “sans-rĂ©servation” nous est dĂ©diĂ© au fond du terrain. Tout y est bien serrĂ© entre les vans et camping-car, qu’importe, tout est plus lĂ©ger Ă  prĂ©sent. Nous nous ferons un restau burger de qualitĂ© ce soir-lĂ  pour nous cĂ©lĂ©brer. On aura mĂȘme l’occasion de voir la star du moment du MTB, Jackson Goldstone. On se disait bien qu’il Ă©tait connu avec le comportement des gens autour. 

Les cinq jours qui suivront chez Jess et Jono, et leurs deux filles, seront un petit enchantement. Le sĂ©jour ici, en Te Araroa, ne pouvait pas mieux se terminer. Nous avions mĂȘme une chambre attenante au garage qui nous offrait un minimum d’intimitĂ©. 

Ce joli couple Ă©tait d’une curiositĂ©, Ă  nous poser plein de questions sur le voyage, et d’une si grande gĂ©nĂ©rositĂ©, Ă  mĂȘme nous prĂȘter leur voiture pour revenir d’une sortie Ă  Arrowtown. 
Nous avons ri ensemble et eu des belles discussions. Nous nous sommes fait plaisir à leur poser des questions sur le fonctionnement des institutions, de la vie politique, d’autres sujets concernant le pays pour mieux comprendre.
Il y a eu ce bon moment cuisine oĂč Lisa a prĂ©parĂ© son gateau au chocolat et moi un gratin aux trois fromages. Cela nous a fait tellement plaisir de passer du temps Ă  travailler les goĂ»ts ! On en a pas souvent l’occasion en itinĂ©rance.

Cette rencontre nous a fait prendre Ă©galement conscience de ce que l’on est en train de construire et faire, tout simplement. Des personnes peuvent nous dire qu’ils sont admiratifs alors que pour nous, Ă  la vivre, ce n’est qu’un quotidien. Les Ă©lĂ©ments sont plus des alliĂ©s que des menaces. Ce que soulĂšvent souvent cette admiration est notre capacitĂ© Ă  avoir fait le saut de quitter une “sorte” de sĂ©curitĂ© pour une aventure incertaine. Vu que nous sommes dans un (devenu) confort prĂ©sent, nous n’avons pas conscience de ce regard extĂ©rieur que l’on peut avoir sur nous. 

Avoir conscience de cela, sans prĂ©tention aucune, peut amener Ă  comprendre la portĂ©e du message, et sa reprĂ©sentation dans le regard des autres, pour en faire quelque chose de pertinent. 

Enfin, Ă  cĂŽtĂ© de ces courtes prises de conscience, une belle relation s’est installĂ©e avec cette petite famille. Leurs jeunes filles Ă©taient d’une mignonnerie. Elles faisaient vivre cette maison de leurs Ă©nergies respectives. Quand nous sommes partis pour l’aĂ©roport, l’une d’elle nous barrait presque la route Ă  la sortie du garage !

Nous étions touchés de leur gentillesse. On se reverra sûrement un jour lors de votre prochain voyage en Europe ! 
Merci pour tout. On ne vous le dira jamais assez. 

Il était temps pour nous de terminer la Nouvelle-Zélande.
Derniers coups de pĂ©dale jusqu’à ce petit aĂ©roport bien agrĂ©able. 

AprĂšs l’achat des boites de vĂ©lo au comptoir d’Air New Zealand, nous les avons dĂ©montĂ©s sur la pelouse devant. Une heure et trente minutes plus tard, tout Ă©tait scotchĂ©. L’ensemble des bagages enregistrĂ©, nous sommes allĂ©s prendre des remontants dans la zone Ă  cĂŽtĂ©. 

La Nouvelle-Zélande fut assez rude par moment avec nous. 
Elle nous aura pourtant comblés de joie par ses rencontres précieuses. 
Les paysages sont grandioses. Dans ces décors, nous nous y sommes retrouvés. 

Cette premiĂšre aventure nous a forgĂ©s pour la suite. 

L’idĂ©e principale de cette premiĂšre traversĂ©e Ă©tait sĂ»rement dans ce que nous y avons gagnĂ©. 


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*expression française : ne rien cĂ©lĂ©brer avant d’avoir terminĂ© (ou gagnĂ©)


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