Quitter la Calédonie
Le vide avant la pleine aventure
Un rideau va bientôt s’ouvrir.
Je redécouvre ces paroles, écho de mon enfance :
« On laissera nos clés, nos cartes et nos codes
Prisons pour nous retenir
Tous ces gens qu’on voit vivre comme s’ils ignoraient
Qu’un jour il faudra mourir »
Ces mots résonnent encore.
L’enfant sensible que j’étais trouvait refuge dans ces textes.
Ils m’offraient un passage secret, une échappatoire, alors que les nuages semblaient se refermer.


Pourtant, en silence, un autre désir grandissait : celui de partir vers l’inconnu.
Un avenir moins tracé que mes études se dessinait, avec des contours plus flous, mais aussi plus lumineux.
Comme des montagnes ensoleillées qui s’élèvent à l’horizon.
Que représente ce bout de carte, quand le monde entier s’offre comme terrain de jeu ?
Ma sécurité réside dans l’incertitude.
Mon confort, dans l’inconfort.
La sédentarité n’est qu’une illusion temporaire.
Observer, découvrir, m’alimentent pour demain.
Le futur ne prend forme que dans un présent qui s’anime, ici et maintenant.

Nous sommes en Nouvelle-Calédonie, cet archipel suspendu dans le temps.
C’est notre dernier point d’ancrage avant le grand départ, le grand saut.
Lisa et moi allons embarquer, ensemble, vers cette verdure infinie, cette relation intime avec le soleil.
À l’aube d’une longue route, l’impatience grandit.
Nos navires sont prêts, nos rêves aussi, et il ne reste plus qu’à lever l’ancre.
Mais avant cela, il faut tout abandonner.
Éparpiller nos biens, disséminer des fragments de notre quotidien chez ceux qui en feront bon usage.
Jusqu’à ce qu’il ne reste que l’essentiel.
Ce moment de transition est comme la première partie d’un concert. Interminable.
Nos pensées vagabondent, alors que nous devrions être concentrés.
L’imagination fuse sans prévenir : comment réagira mon corps face aux premiers kilomètres ?
Mon vélo n’a-t-il pas pris un coup de vieux à rester si longtemps immobile ?
Et ce climat, si différent, m’accueillera-t-il avec bienveillance ?
Les journées chaudes et les soirées fraîches seront nos nouveaux repères.
Pourtant, il faut encore attendre avant d’avoir toutes ces réponses.
En attendant, que faire ? Une question qui semble sans issue.


Peut-être simplement remercier cette terre calédonienne.
Revivre ces instants où notre émerveillement n’avait pas de limites.
L’hospitalité sans égal, les paysages encore vierges…
Ces souvenirs s’ancreront ils comme des trésors dans nos mémoires, ou seront-ils éclipsés par les désagréments du quotidien, comme ces matins asphyxiés par les fumées toxiques ?
Le meilleur finit toujours par prévaloir, même s’il ne guérit pas toutes les blessures.
Nous avons encore du travail avant le départ, des préparatifs pour partir sur des bases solides.
Il nous faudra aussi prendre soin de nous, Lisa et moi.
Parce que cette aventure, nous la vivons à deux, mais aussi avec vous, ceux qui nous suivent.
Nous espérons vous faire rêver, vous divertir, et vous nourrir de cette expérience.
La route ne se vit jamais seule.
Et puis, après tout, nous ne sommes jamais seuls dans nos têtes. 😆

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